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H sa ka fèt

VIP-Blog de hsakafet
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  • Créé le : 14/04/2007 23:58
    Modifié : 11/05/2009 16:31

    Garçon (40 ans)
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    Vodou: Hungan asogwé ou gangan makout

    27/07/2007 18:59



    Trimestriel N°2 - H! #25 - juillet 2007

    Les prêtres vodou se classent généralement en deux groupes  distincts: les " ginen "ou " gangan makout " (qui n’ont rien à voir avec les tonton makout, quoique) d’un côté et les " Hungan asog wé ason nan men " de l’autre. Ces deux groupes se méprisent profondément.

    Les gangan makout sont ceux qui ont un don, ou ont reçu un héritage mystique de leurs parents. Il y a parmi eux, ceux qui inexplicablement ont disparu pendant qu’ils se baignaient dans une rivière, on dit de ceux là, quand ils reviennent: " simbi té pran li "," sé on moun ki fè kombien tan anba dlo". Il y a ceux qui disparaissent chez eux-mêmes, au milieu de leurs proches, ils deviennent invisibles aux yeux humains, immobiles, défiant toutes les lois de la physique et de la biologie. Leur disparit ion peut durer plusieurs années. Ces deux derniers groupes réapparaissent souvent avec un la-yé et un jeu de cartes (pour la divina-tion). Il y a aussi ceux qui dans une démarche volontaire,se sont asso ciés à un esprit qui les chevauche en cas de nécessité. Deux choses caractéri sent particulièrement les gangan makout : d’ abord ils sont complètement abandonnés à la volonté de l’esprit(leur esprit-maïtre)Souvent ils ne savent même pas comment l’appeler au secours. Et ensuite, ils ne réclament pas d’argent pour leur prestation. Tout au moins ce qu’ils réclament est insignifiant (quelques centimes à mettre au sol).Même après succès avéré de l’intervention, il peut être demandé au bénéficiaire de faire de l’aumône aux pauvres, de donner à chanter une messe d’ac-tion de grâces à l’église catholique. On dit de ces esprits-là (ils le disent d’eux-mêmes tous seuls aussi), qu’ils travaillent pour la gloire, ils aiment la louange. Quelques fois, le chwal faisant fi des en-gagements de l’esprit, peut réclamer de l’argent pour lui-même. Dans ces cas-là, la collaboration entre le maître et le soumis tournera mal, les repré sailles du maître sont souvent terribles, au mieux il s’abstient de travailler. La quasi-totalité des gan gan makout ont une activité économique qui leur permet de subvenir aux besoins de leur famille. Des ginen bien connus snobent royalement leur don. Non pas qu’ils le méprisent, mais ils ne l’ utilisent uniquement qu’en cas de péril personnel ou vraiment quand le danger mystique est à haut risque et avéré pour un proche. D’un autre côté, parfois des gangan makouts deviennent asogwé soit par goût de l’effort, soit par passion du lucre.

    Si la générosité de notre mère nature ne saurait être mise en doute, son goût pour la sélection est aussi incontestable. Alors, l’homme a trouvé la parade dans l’apprentissage, la transmission des connaissances. Les "Hungan asogwé ason nan men  "contrairement aux makouts, sont des con naisseurs.Ils sont devenus prêtres vodou par l’effort, l’apprentissage, le mérite. Ils sont passés par l’initiation. Ils ont reçu l’ason. Avant on disait d’eux :"gangan ki h t pwen ". Les bokò, les sorciers, se recrutent essentiellement dans ce groupe. Ils se font payer pour leurs services, c’est généralement leur métier que d’être prêtre vodou Le dépècement de la société haïtienne fait que la pratique du vodou soit devenue la norme, alors qu’avant la chute de Duvalier, bien que tout le monde s’y adonnait, c’était contenu dans les bas quartiers.Ce n’est pas que le duvaliérisme constituait un rempart contre le vodou, c’est seulement que les strates occidentalisées étaient encore suffisam ment épaisses pour que la carrosserie cache le moteur. Être gangan est aujourd’hui une marque de distinction, un privilège à afficher en gras sur sa carte de visite.On est fier de se dire gangan ou mam bo,même avec des diplômes universitaires en poche. Alors, à tout va, on se fait kanzo, initier rapide ment par quelque charlatan, l’ason étant devenu l’expression d’un doctorat majeur. Même les défilés carnavalesques sont investis désormais par des cortèges de vaudouizan en transe, chantant à tue tête des chanté pwen. Certaines moeurs sexuelles généralement décriées, sont justifiées par l’ ap-partenance au vodou, lorsqu’elles ne sont pas promues par elle. Evidemment, seule la méthode asogwé permet une prolifération suffisante à de telles influences.

     

     

    En diaspora, particulièrement aux Antilles françaises, ces différences se perdent. Il y a certes des makouts et des asogwé, mais toute intervention est payante. D’ailleurs, pourquoi elle ne le serait pas ? Si les gangan makout ne se faisaient pas payer, c’ est qu’ils intervenaient dans un cercle res-treint, généralement familial, ne dépassant pas le cadre des amis et connaissances. En dehors d’Haïti, nous sommes des immigrés. C’est la Bible qui dit :Le peuple d’Israël devait dépouiller les Egyptiens avant de prendre la route de l’Exode (exo:3vs22-11vs2-12vs 35 ). Quant aux asogwé, prati quant leur métier, il est normal qu’ils essaient d’en tirer le maximum. Ils sont, il faut aussi le dire, une écrasante majorité dans notre communauté. Venus à la recherche d’une vie meilleure, butant sur un tissu social imperméable à bien des égards dans les pays d’accueil, victimes ou bénéficiaires de notre réputation nationale de faiseurs de miracles, la demande de prestations mystiques envahis sante, plusieurs de nos ressortissants se chargent de les offrir avec bonheur (Sinon, il n’y aurait plus de clients) Certains s’improvisent gangan, d’autres se rendent au pays quérir le nécessaire, d’autres enco re se font adouber ici même par des compa triotes (histoire de prendre du poil de la bête avant de partir aux sources).Seule compte l’efficacité. Et là encore, c’est différent avec la manière dont ce la se passe au pays. Chez nous, efficacité signifie bien être général et définitif. Ici, c’est du logarithme: un problème = une solution. Les deux catégories principales de la confrérie se retrouvent face à face, poussées par la concurrence, la nécessité de se frayer un passage. Dans le meilleur des cas, la polémique verbale va bon train entre les deux groupes pour connaître lequel est supérieur à l’autre. Les asogwé sont plutôt méprisants envers leurs collègues makouts, les traitant d’ignorants. Tandis que les ma-kouts accusent les asogwé de sorcellerie, de " mou-n kap maché pran vié pwen sal pou fè kob " " mou-n sa yo ap fè palé vaudouizan mal ". Il est rare que cela dépasse les limites de l’invective, mais cela arrive. Les asogwé, cependant, recon naissent les hautes vertus des ginen. Ceux d’entre eux qui ont la chance d’avoir reçu un héritage ginen, le gardent jalousement, exclusivement, tout en continuant à utiliser les lwas acquis par quelque procédé,sans mélanger les deux, impérativement sans les mélanger. Ils prétendent garder les lwas ginen aux profits de leurs héritiers.

     

    H ! En conclusion, nous ne saurions vous dire lequel des deux groupes est supérieur à l’autre. Nous croyons mê mes qu’ils se valent et que la différence, est au niveau de chaque individu. Non seulement du gangan lui-même, mais aussi de celui qui va le consulter. Il est bien connu que s’il n’y a pas d’investisse ment personnel, le résultat ne sera pas au rendez -vous. Celui qui déposerait 15 centimes d’euros devant un gangan makout pour que les 7 numéros gagnants du prochain tirage du loto lui soient révélés, perdrait son temps. Lui même n’y croirait de toute façon pas. Il se dirait si ce type peut avec 15 centimes avo ir révélation des numéros gagnants du loto, pourquoi il ne les cherche pas pour lui-même ? Tandis que s’il faut commencer par mettre à terre 10.000 euros, on sait que ce n’est pas donner à tout le monde. Le praticien ne possède pas forcément 10.000 euros. Il y a des chances d’y croire …et de gagner.








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