Depuis quelques temps maintenant, des haïtiens souvent titulaires d’un passeport français, mais aussi de simples résidents, cé-lèbrent en grande pompe, en Martinique notamment, les dates glorieuses de notre histoire nationale haïtienne. 18 mai : fête du drapeau ; 18 Novembre: fête de la bataille de Vertières, autrement appelée fête de l’armée sous Duvalier;1er janvier, fête de la naissance d’Haïti,passée dans les mœurs comme fête de l’indépendance.
Je suis haïtien de naissance, de parents, de culture et d’histoire. J’assume entièrement tout l’héritage légué par les saints-domin guois, mes ancêtres. Le bon comme celui que les ennemis de m on peuple considèrent comme mauvais, j’assume. Partout où vi t un haïtien, il a le devoir de soutenir la mémoire de son histoi-re nationale, car celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut aller nulle part, puisqu’il ne sait pas où il est.
Cependant, les fêtes nationales haïtiennes, commémorent des défaites de la l’armée napoléonienne face aux esclaves de Saint Domingue. On ne peut se permettre de venir en territoire français et le rappeler 3 fois par an. Et ce, sous aucun prétexte. On ne fait injure à personne, en disant que nos leaders communautaires, ici, ne sont pas des érudits. Ils se laissent facilement ma nipuler par certains autochtones mieux formés, mais mal intentionnés, qui les conduisent sur des chemins escarpés qu’ils ne soupçonnent pas.
Comment peut-on venir en France, célébré régulièrement l’in-dépendance de Saint-Domingue ? Saint-Domingue fut une créa tion française, la colonie la mieux réussie, celle qui conféra en son temps, le plus de richesses à sa métropole. Sa perte fut con sidérable pour les colons, ils étaient français. Haïti c’est le terri toire de Saint-Domingue, rebaptisé. On ne peut se permettre de le rappeler chaque année à
la France
, lorsqu’on y est toléré, en commémorant la fête du 1er janvier.
Comment peut-on vouloir, en France, commémorer la bataille de Vertières, 18 novembre ? La bataille de Vertières fut la der-nière bataille livrée par les troupes expéditionnaires napoléonie nnes, venues reconquérir le territoire en 1802. Elles l’ont per-du. D’ailleurs, dans une tentative de commémoration faite le 18 novembre 2007, à Fort-de-France, le conférencier, un historien martiniquais, ami, ami sincère de la communauté haïtienne, é-tait fort embarrassé, il s’est présenté sans doute pour ne pas froisser son ami haïtien qui le lui avait demandé, mais a parlé de tout autre chose que de batailles révolutionnaires,chahuté qu ’il fut par un lettré haïtien présent dans la salle qui ne cessait de crier « ça c’est pas Vertières » toutes les deux (2) minutes. Tan dis que l’historien continuait imperturbable, la présentation d’ un livre publié par l’un de ses amis, un historien haïtien.
Et pire, Comment peut-on célébrer en France, la naissance du drapeau haïtien ?
Les historiens sont d’accord pour dire que le drapeau créé le 18 mai 1803 n’est qu’une allégorie, exaltée au sein du peuple, elle est passée dans la légende. Mais historiquement, il n’y a pas eu de drapeau créé le 18 mai. Selon Baubrun Ardouin, dans les « Etudes sur l’histoire d’Haïti » il y eut un échange de courrier s entre Alexandre Pétion et J.J. Dessalines. Dans l’une de ses lettres, Pétion réclamait la création d’un drapeau indigène, car disait-il, l’armée coloniale pensait et disait que les esclaves sou haitaient rester dans l’empire. Ils ne se battaient pas pour l’in-dépendance, puisqu’ils conservaient l’emblème de la révolutio n française: bleu, blanc, rouge. Ils ne se battaient que pour ob -tenir un ou deux jours de liberté de plus. Par retour de courrier, Dessalines lui dit d’arracher le blanc du milieu du tricolore fran çais et de coller le bleu au rouge, pour en faire le drapeau indi-gène. On était en février 1803 et Dessalines appliqua lui-même sa prescription depuis
la Petite-Rivière
de l’Artibonite où il se trouvait
Si on en croit ce témoignage, la décision de créer un drapeau aurait été dictée par courrier. Le 18 mai, ne fut que la première rencontre entre Dessalines et Pétion, après l’échange de cour-riers Dans un rapport de l’amiral français, Latouche-Tréville, qui intercepta une barge d’esclaves révoltés de retour de l’Arca haie, à l’aube du 19 mai, il saisit dans cette embarcation un dra peau bicolore : bleu et rouge, portant l’inscription : « Liberté ou la mort ». Pour aller dans le même sens, dans un calendrier publié par l’état haïtien pour l’année 2003, commémorant les bicentenaires des actes héroïques de 1803, dès février 1803, l’ armée indigène(haïtienne)combattait déjà avec un bicolore,bleu et rouge. Certains groupes arboraient un drapeau noir et rouge Après le 18 mai, aussi bien le noir et rouge que le bleu et rouge ont continué à avoir cours, mais le bleu et rouge était celui uti -lisé par Dessalines et Pétion. La constitution de l’empire d’Haï ti,20 mai 1805, commanda le remplacement du bleu par le noir.
Nous pouvons donc affirmer que : Dessalines qui d’un geste é-nergique arracha le blanc du drapeau révolutionnaire français pour signifier que les blancs ne devraient plus faire partie de la société que les esclaves souhaitaient bâtir, ce n’est qu’un my-the.
Le drapeau actuel de
la République
d’Haïti, a été décidé par A lexandre Pétion, sans qu’on puisse donner une date exacte,vers le 21 mars 1807.Bien qu’il ait dessiné les armes de
la Républi
que adaptées aux bandes bleu et rouge placées horizontalement ,cet ajout ne commença à figurer sur le drapeau qu’à partir de la constitution de 1843 qui stipule dans son article 192:«Les couleurs nationales sont le bleu et le rouge placées horizontale ment »...« Les armes de
la République
sont le palmiste surmon- té d’un bonnet de la liberté et orné d’un trophée d’armes avec la légende : L’union fait la force ».L’actuel drapeau de
la Répu
blique d’Haïti, a donc 165 ans en omettant la parenthèse duva lièriste (1964-1986).
Fêter le 205ème anniversaire du drapeau haïtien, à
la Martinique
, est un abominable acte politique, posé par des ignares manipu- lés, agissant contre les propres membres de leur communauté, en provocant gratuitement ceux qui nous accueillent.
Pourquoi ces gens-là ont-ils choisi de fêter exactement, la date qui blesse
la France
? Par naïveté peut-être, obscurantisme sans doute. Mais il faut qu’ils cessent. Il faut aussi que les faux amis de la communauté haïtienne, les meneurs souterrains, arrêtent.
Le visiteur, quelque soit son point de vue sur un différend oppo sant les membres d’une même famille qu’il visite, n’a pas le dr oit de prendre parti… Même pour appuyer son meilleur ami dans cette famille. Ce n’est pas bienséant. Le respect des per-sonnes qui nous accueillent, suppose le respect de toutes les per sonnes. Pas une seule ne doit se sentir lésé par nos attitudes ou nos actes et c’est à nous d’y veiller, de contrer les malveillants qui nous poussent vers le gouffre, ceux qui ne peuvent agir que dans l’obscurité, profiter du désarroi et de l’ignorance des plus faibles, les moins lettrés.
Faut-il rappeler aux haïtiens qu’il nous appartient de raconter notre histoire à nos voisins de la caraïbe et non le contraire ?
Faut-il rappeler que notre trajectoire socio-politique est unique dans la zone et que pour cela nous avons des ennemis de tout poil, de tous bords et qu’il faut donc se méfier des faux amis ?
Faut-il rappeler que la souris ne se meut pas en chat pour échap per à son destin, mais qu’elle se débrouille avec ses qualités de souris et que cela lui arrive de gagner quand même ?
Nèg lespri ap vann nou lakay, nèg sòt bòt isit di fwa sa-a ma chandiz-la sé pou li, sé li’k pou vann ni. Yo pap pasé.