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Une femme d'Haïti
26/04/2008 06:45
L’histoire d’Haïti est jalonnée de femmes vaillantes dont l’écho des exploits est parvenu jusqu’aux généra-tions récentes pour les plus anciennes… Les contemporaines incendient encore nos mémoires. Qu’il s’agis-se de la manbo qui officia à la cérémonie du bois caïman en 1791 sous la présidence de Bookman et qui plon-gea le couteau dans la gorge du cochon vivant pour faire jaillir le sang chaud bu par les participants ou de l’actuelle ministre à la condition féminine, Marie Laurence Jocelyn Lassègue, qui au moment du coup de force contre J.B. Aristide en 1991, quand elle était ministre à la communica tion, fut le seul officiel, tous camps con-fondus, à aller sur les ondes informer les citoyens sur le déroulement des évènements au moment même où ils se passaient à la capitale; en passant par Mildred Trouillot Aristide,1ère dame, qui se plaçait en défenseur des femmes face aux dérives de la détention judiciaire préventive, les femmes d’Haïti ont toujours été présentes et leur participation reconnue par nous, les hommes, la nation, l’histoire que nous avons étudiée dans nos ma-nuels scolaires. Mêmes les analphabètes éclairés, ceux qui n’ont pas accès aux livres mais qui s’intéressent à la vie de la cité, connaissent le nom et l’action de nos femmes héroïques. On peut, sans être exhaustif, en citer quelques unes : femme de guerre : Sanite Belair, femme couturière : Catherine Flon (elle a cousu les 2 morceaux du bicolore national), femme secouriste: Mme Dessalines, (faisait l’infirmière sur les champs de bataille), fem me dévoué e et fidèle: les 2 sœurs du général Gérin (elles portèrent le deuil de leur frère, de sa mort en 1810 jusqu’à la mort d’Alexandre Pétion, tenu pour responsable de la mort du frère) femme bafouée : Célimène, fille de Dessalines (ayant per du sa réputation dans des relations sexuelles de jeunesse avec Chancy, neveu de Toussaint Louverture.) femme cassecou : Mariella (qui prise de transe, grimpa en 1970,le poteau d’environ 150 mètres de hauteur qui servait d’antenne aux téléphones cellulaires de l’époque réservés à l’armée et aux grands commis de l’état). Femme kanson fè : Michelle Benett-Duva-lier, Femmes artistes : de l’Arawak, Ana-caona jusqu’à Emeline Michel en passant par Lumane Casimir, Ti-Simone, Martha Jean-claude, Toto Bissainthe, Carole Démesmin, Fédia Laguerre, Farah Juste.
Les femmes des plus grandes nations démocratiques envient no s haïtiennes qui peuvent se vanter d’avoir été: Mme Wooley, premier ministre; Ertha Pascal Trouillot, présidente de
la République. Nous ne mention-nons même pas les ministres ou secrétaires d’état ni les directrices de toutes sortes. L’une des principales raisons du succès des femmes dans la société haïtienne, réside dans la pratique du vodou. Notre religion nationale place l’homme et la femme sur un même pied d’égalité, contrairement à d’autres qui prétendent qu’« il arrivera un temps où celles qui meulent s’arrêteront de moudre, et ceux qui regardent par la fenêtre ne regarderont plus par la fenêtre».
Dans la société haïtienne, les rôles sont partagés entre hommes et femmes, comme ce fut le cas dans les so-ciétés occidentales d ’avant les 2 guerres mondiales, partagés non pas hiérarchisés. Il y a une femme qui entre toutes,a vécu l’essentiel des cinquan te premières années de notre histoire à l’ombre des pères de
la République. D ’une discrétion exemplaire, son influence n’a eu d’égale que son silence. Connaissez-vous : Joute Lavenais ?
Joute est la mère de Célie Pétion, fille d’Alexandre Pétion. Au temps de la conquête de l’indépendance de Saint-Domingue, les mœurs coloniales étant ce qu’elles étaient, joute et Pétion vivaient sous le même toit san s être officiellement mariés, on disait à l’époque et l’on dit encore en Haïti, qu’ils vivaient dans le plaçage. La naissance d’Haïti, puis de la république d’Haïti n’avait rien changé à l’affaire. C’est dans ce contexte, que Dessalines voulant souder l’union des noirs et des mulâtres par les liens du mariage, quitta la capitale d’Haïti, à l’époque Marchand, dans l’Artibonite, pour venir à Port-au-Prince, inviter Pétion à épouser sa fille, Céli-mène,afin de sceller l’union des deux castes majoritaires du pays, celles qui s’étaient unies pour mourir ou vivre libres…Et Pétion refus a l’offre. Aucun chroniqueur de l’époque ayant rapporté ce fait, ne nous a donné les arguments avancés par Pétion pour justifier son refus. Par contre, ce que l’on sait, c’est que l’Empereur estima qu’il s’agissait là d’un acte raciste( le mulâtre venait de refuser une négresse pure souche). Sur le chemin du retour vers Marchand, tous les mulâtres croisés par Dessalines ont connu les pires moments de leur vie. Ce n’est qu’une fois dans sa capitale, que le chef de l’état apprit l’histoire des relations de Célimène et de Chan-cy, neveu de Toussaint, qui ont vécu une trépidante histoire sexuelle pendant les guerres pour l’autono mie … Et Pétion le savait.
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Le carnaval haïtien peut-il être un produit touridtique?
26/04/2008 06:23
Le carnaval, tel que nous le connaissons aujourd’hui dans la caraïbe, est la dégradation d’une émanation païenne du monde chrétien; il vient d’Europe. L’industrie touristique qui nous est suggérée comme la seule issue économique pour la caraïbe, est vouée aux occidentaux. Depuis quelques années, à chaque période carnavalesque, des voix s’élèvent pour réclamer que notre carnaval soit à vocation touristique.
Quel est l’intérêt d’un tel produit ? La date du mardigras est décrétée depuis le Vatican pour tout le monde chrétien, Le carnaval de Venise a lieu au même moment que celui de Port-au-Prince. Quel avantage y a-t-il à délaisser la place St-marc pour les champs de mars ? C’est le carnaval: on verra des masques, des gens dégui sés, des défilés de groupes plus ou moins co-lorés, il y a de la bamboche, de la débauche,de l’encanaillement voire de la dépravation aussi bien à Venise qu’à Jacmel, à Nice comme à Miami, à Rio de Janeiro comme en Louisiane, à Trinidad comme à Fort-de-France.
Le carnaval haïtien, tel que je l’ai vécu en grandissant à Port-au-Prince et que le rapportent encore aujourd’ hui la presse haïtienne et les haïtiens qui en reviennent annuellement, est un moment de grandes transgres-sions, de défoulements, de dépra-vation, parfois de règlements de comptes. Dans une chanson qui n’a rien de carnavalesque, Emeline Michel dit : « Dé vak-sin, dé tanbou, haiysien anrajé. Djakout ti nèg mèt volé, sé plézi san rété. Wa fè tèt mwen viré, sou-w fè chapo-m’ tonbé.
Nan pwen pa-n asosié, nan ban-n nan na kwazé ». Et plus loin: « wiski ti gren-n pou yo, kléren pen-yen pou nou ; si yo voyé mayo, na sispan-n fè wè zo » Cette dernière phrase pour dire que les disparités sociales ne s’effacent pas pendant le carnaval, bien que les riches et les pauvres y soient présents, ils ne se confondent pas; chacun gardant jalousement son bord. Notre carnaval, espace et temps de liesse populaire, est surtout un moment égoïste d’évacuation des déchets individuels. Cha-cun se retrouvant dans la foule non pas pour être ensemble, mais pour soi, la foule servant de draps, assurant l’anony -mat des déjections pour sécuriser l’impunité si besoin est, des au-teurs. Que peut-on offrir à l’autre(le touriste)dans ce moment si intime? Sous des formes différentes, il peut vivre les mêmes choses aux mêmes instants, chez lui. En l’invitant à délaisser son propre défoulement pour venir assister au mien, je ne fais que détourner son rythme de vie en lui proposant un spectacle où il est spec tateur alors qu’il aurait pu en être l’acteur avec tous les avantages que cela suppose pour son bien-être phy-sique, moral, peut-être spirituel. Le spectacle de ma différence lui est de tout es façons offert dans mes expres -sions folkloriques et culturelles que je lui apporte à différentes occasions dans ma musique,mes danses, mon théâtre, ma littérature qui lui sont proposés chez lu i pendant toute l’année. Sauf cas exceptionnel, il ne s’en préoccupe guère. Et même quand il vient chez moi, les tours opérateurs ont déjà ficelé un circuit touristique, chez moi, dans lequel aucune place n’est faite au milieu autochtone sinon pour servir des rafraîchissements eux-mêmes importés.
En fait, des carnaval à vocation touristique existe déjà un peu partout dans les Amériques: Le carnaval de jacmel est décalé par rapport aux autres carnaval d’Haïti afin d’attirer le maximu m de chalands, en évitant la concurrence notamment de Port-au -Prince. La réputation des carnaval de Rio de Janeiro, de Port-of-Spain, de Louisiane, n’est plus à faire. A barbade, il y a un carnaval d’été comme à Sainte-Lucie, en Martinique il y a un quatrième (4ème) jour gras, à Port-au-Prince même il y avait dans le temps un carnaval qui se faisait en juillet et qu’on appelait le « carnaval des fleurs », à Miami, à partir du dimanche gras il y a un défilé carnavalesque chaque dimanche dans un quartier différent avec les haïtiens, les cubains, les bahaméens, à Fort-Lauderdale il y a une parade pour chars maritimes(sur l’eau )avec spectacle pyrotechnique en clôture. Tout cela pour quel résultat?
Dans un reportage de l’émission hebdomadaire,«Caraïbes » sur RFO, on a montré un organisme et des responsables du carnaval à Trinidad, qui, fièrement annonçaient Quatorze millions(1 4 000 000) de dollars trini dadiens comme chiffre d’affaires pour leur dernier exercice, … Malgré que le reportage ne signale pas qu’en fait de touristes, il s’agit des trinidadiens de la diaspora qui sont retournés se ressourcer, Il n’y a vraiment pas de quoi vendre son âme.
Le carnaval n’est pas et ne peut pas être un produit. C’est un moment intime, individuel, consacré à soi. Par ticulièrement en Haïti, où cette manifestation précède le RARA, sorte de Ramadan pour les vodouizan, période rara où l’on jeûne au cours de la journée avant de boire et de manger autant que possible pendant les répétitions des différents groupes se préparant pour le défilé du vendredi saint à venir. Nos responsables, les comman deurs de notre société qui pérorent à chaque période carnavales que qu’il faut faire de ces mani-festations un produit touristique savent pertinemment qu’ils n’attireront aucun étranger pendant cette pério de. Ils essaient tout simplement de nous détourner de nous-mêmes. Faire de nous des polichinelles. Le pire de l’affai re, c’est qu’il n’y a rien de plus triste qu’une polichinelle n’intéressant aucun spectateur.
Messieurs et dames, les commandeurs, si l’autre veut m’admi-rer pendant mes déjections, il est le bienvenu, surtout s’il paie pour cela. Mais voyez-vous, je ne changerai pas de position pour qu’il puisse mieux voir.
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Les tribulations du H!
26/04/2008 06:13
Ce petit feuillet décidément, fait beaucoup de mal à certaines personnes dans ce département.
Lorsque nous avons publié le 1er volume de « H ! Sa ka fèt » entre septembre 2000 et août 2002, nous espé -rions par cette publication exciter nos compatriotes ayant quelque intérêt sur cette île à se doter d’une voix qui pourrait défendre leurs inté rêts communautaires. Apparemment, la barre a été placée trop haut. Des can-didats journalistes ont tenu des réunions préli mi naires, des questions nous ont été posées, mais l’absence de bénéfices financiers dans les perspectives a sans doute tué ces projets dans l’œuf. Hé oui ! l’idée d’offrir son temps, sa formation intellectuelle en plus de son argent pour la défense d’intérêt plutôt diffus n’a pas du tout plu à ceux qui pou-vaient réaliser le journal. Quant aux financiers éventuels, puis qu’il n’y aurait aucun retour sur investissement cela ne leur a pas in-téressé, surtout qu’ils se sont entendus dire : « jounal hayisien isi, sé pawòl initil ».
Les autochtones ont été plus prompts à réagir. C’est ainsi qu’on avait vu naître un journal haïtien édité à Paris, avec des interviews et des articles de responsables politiques et syndicaux martiniquais. Ils avaient des commerciaux en Martinique qui allaient démarcher ceux qui à l’époque nous soutenaient par leurs publicités. Evidemment, animé de mauvais sentiments, ce feuillet était médiocre. D’au- tres médias avec pignon sur rue, qui se disaient amis de la communauté, se sont aussi fâ-chés avec nous, parce qu’ils écrivaient des inepties sur Haïti que nous avons signalées. Nous souhaitions donc susciter de la concurrence, et nous en avons eu, même si c’était dans le sens contraire de nos désirs. Je me suis fais au passage quel-ques ennemis, j’ai aussi perdu des amis ; mais tant qu’il s’agit de défendre la justice et la vérité, les dégâts collatéraux n’ont aucune importance. Je m’étais engagé pour réaliser le journal pendant 2 années, et c’est ce que j’ai fait. Je pensais quitter
la Martinique après cela, mais je n’ai pas pu. Rester ici, à la demande des membres de l’Association Culturelle Boyo j’ai sorti 2 bulletins exceptionnels en 2 occasions différentes et une brochure. Ces publica-tions frôlaient l’illégalité, n’entraient dans aucun cadre juridique sinon que je m’étais fait un devoir de les dé-poser à la préfecture avant de les distribuer gratuitement au public.
Le second volume du H !(trimestriel) avait au départ 2 moteurs principaux : 1) offrir un cadre juridique à d’ éventuelles publications à venir de l’association. 2) L’insistance de feu Wesner Morancy pour redonner une voix à la communauté avec sa promesse que lui et d’autres se chargeraient de la rédaction. Je me retrouve encore une fois tout seul. Wesner a envoyé un texte indigne de lui que j’ai catégoriquem ent refusé de pu-blier, ensuite il est mort. Tandis qu’ une jeune femme avait remis un texte que j’ai laissé passer dans le premier numéro. Les autres, correcteur compris, ont pris la poudre d’escampette, complètement évanouis dans la na-ture, sans doute qu’ils sont occupés à se chercher un peu de caractère.
Ce sont encore les autochtones, sans que je puisse comprendre pourquoi, qui mènent contre moi une guerre sans merci. Ils m’attaquent sur tous les front s : les abonnés, les commanditaires, le blog:
Les abonnés : Je n’ai jamais considéré
la Martinique comme un lieu de rési dence.Je m’y suis seulement à quelques reprises, cette fois-ci encore, retrou vé bloquer. Cependant, mes rares amis, sont des autochtones de cette île. Sans eux, ce feuillet n’existerait pas et je ne tolèrerais pas qu’ils l’achètent Il reste que, pas une seule personne originaire de cette île ne paie ce journal , pas une seule. Ils en sont cependant les lecteurs les plus nombreux et les plus assidus. Ils ne l’achètent pas eux-mêmes et quand ils le peuvent, ils interdisent à des compatriotes haïtiens de le faire. Leurs employés d’origine haïtienne où leurs relations obligées, tout au moins ceux qui se croient l’être, sont fortement déconseillés, et le mot est faible, de s’abonner. Exemple: un «grand» patron haïtien qui avait promis d’aider le déblocage d’un numéro que nous n’arrivions pas à sortir pour des raisons financières, promesse faite devant des autochtones qui selon des compatriotes étaient des fonctionnaires réalisant quelques travaux manuels au noir pour le mon sieur, non seulement n’a pas tenu sa promesse, ne me dit plus bonjour de-puis cette demande. Vu les problèmes que ce patron a connus plus tard avec les services des impôts, je me demande ce qu’il doit penser de ses amis au-jourd’hui. Peut être lui avaient-ils apporté un petit chien en peluche sur son lit d’Hôpital !
Les commanditaires : Au départ, 4 courageux s’étaient lancés, mais ce fut pour une très courte durée. Ils refusaient même que je dépose dans leur com merce des exemplaires gratuits à offrir à leurs clients. A voir leur tête, sauf une,Ils étaient visiblement gêné de recevoir le journal, ils n’étaient pas abon nés et ne recevaient le feuillet qu’à cause de leur publicité. Pour le trimestriel, il m’a été suggéré avec insistance de démarcher un auto chtone, qui, paraît-il, ne refuse jamais son aide aux haïtiens. Il m’a fait bras ser de l’air pendant 2 mois avant de me conseiller gentiment de le rappeler à un moment selon lui plus propice.
Le blog :Le marquage est aussi serré sur le net, nous avons un blog. A no tre grande surprise, un drapeau haïtien s’est immiscé comme fond de page, nous avons eu tout le mal du monde à l’effacer… Pire, nous avons-nous mê mes réalisé l’expérience d’aller une dizaine de fois en une même journée su r le blog en une dizaine de points d’accès Internet différents dont des cyber-cafés et des ordinateurs d’amis : peine perdue, il affiche imperturbablement : «1 visiteur aujourd’hui », très rarement 2. Des correspondants étrangers nous assurent souvent de leurs visites et discutent quelques fois de nos arti cles avec nous par d’autres voies. Ils n’ont aucun autre moyen de lire les articles concernés si ce n’est le blog, jamais leur IP ne figure sur la liste quand nous la vérifions. C’est toujours un IP situé au La mentin, le même à chaque fois, qui apparaît comme unique visiteur.
Aspect global : Les élites de cette île, dans leur grande majorité, sont contre le principe même de la publication d’un journal haïtien ici. Bien que nous répondions à tous les critères légaux qui régissent un journal, jamais nous ne sommes invités par les autorités à quelque manifestation que ce soit, même pas à la remise des papiers aux nouveaux naturalisés. Nous ne serons pas découragés, car nous savons que celui qui ne veut pas que nous nous donnions les moyens de nous défendre, n’est pas un ami.
Allez les gars, courage, la bataille sera longue avec votre défaite au bout. La justice et le bien finissent toujours par triompher. De toute façon, H ! sa ka fêt, sé yon ti landeng.
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De la nationalité des populations de la Caraïbe.
27/01/2008 19:12
Capturées comme des bêtes sauvages, des populations africaines ont été emmenées ici, dans
la Caraïbe, pour être des bêtes de somme. Pour se faire, il a fallu les dompter dans l’espoir de les domestiquer. Ce qui a plutôt bien réussi. Le domesti que étant celui qui, dominé, accepte de se soumettre à la volonté de son dominant, imbu (le dominé) de son infériorité. Mais l’homme est homme. Son instinct est plus fort que lui. Chaque fois que c’est nécessaire, l’instinct supplante l’intelligence. Ainsi, la volonté d’être libre n’a jamais abandonné le déporté y compris le domestiqué. S’il a accepté la domination, le plus souvent, c’est par instinct de conservation, par peur d’une mort brutale, d’une vie trop courte.
Parmi les populations de nos îles, peu se sont soumises, mais certaines l’ont fait.L’évolution, malgré tout,fait qu’à un mo-ment, le besoin d’identification est si fort qu’un groupe particulier souhaite se démarquer, se singulariser, devenir un peuple citoy en pour mimer le maître quand celui-ci lui laisse la marge suf-fisante. Ce ne fut pas le cas des saint-dominguois. Il n’y a jamais eu volonté nationale chez l’haïtien, la nationalité fût un fait qui lui est tombé sur la tête. A aucun moment ce fût un objectif atteint, un but fixé. Nous y reviendrons plus loin.
Un groupe d’hommes peut-il se proclamer nation, quand il n’a aucune armée capable de défendre son territoi re, aucun moyen de production même alimentaire, aucune originalité culturelle ? Une nation existe-t-elle, quan d son territoire est dévolu aux dictats d’un tuteur présent sur place ou non ?
Est-ce que le chien qui débarque dans une propriété prend possession du domaine en y pissant aux quatre points cardinaux? Devient-il l’égal du maître en aboyant pour avertir de l’arrivée d’un quelconque visiteur ou en se mettant en colère quand passe l’un de ses congénères ? Le néo-colonisé qui représente son pays à l’ ONU, est-il l’égal du représentant d’une puissance tutrice à qui il doit demander en quel sens voter pour ne pas déplaire au gouvernement de celle-ci? Bref, suffit-il d’être prénommé jésus pour être Christ ? Evidemment, je n’apporterai aucune réponse à ce questionnaire .
Je ne ferai aucune démonstration en me référant à l’histoire; ni aucun étalage d’une prétendue érudition à ce sujet. Je souhaite tout bêtement que nous y réfléchissions ensemble.
Attardons nous un peu sur trois nations indépendantes de
la Ca raïbe : Haïti 1803, Cuba 1898 et les Bahamas 1969.
Haïti, bénéficiant d’une conjoncture géopolitique favorable s’extirpe du système colonial avec l’aide de la première puissan ce coloniale (Royaume-Uni), secondée de la volonté expansionniste des USA. La nation s’érige avec des moyens militaires alloués par d’autres nations, un gros potentiel agricole; culturellement, les mœurs et coutumes des africains associés à ceux des amérindiens ne nécessitant que d’un creuset pour fermenter. C’ est ce qui arrivât pour le pays réel. Quant au pays offi-ciel, il ex périmente sans concrétiser le mimétisme de ses anciens maîtres de qui il tient ses classiques.
Cuba est délesté de l’ensemble espagnol affaibli, les Etats-Unis en font un protectorat. Le territoire est donc organisé selon les prérogatives du nouveau tuteur. Pour échapper à l’hégémonie a méricaine, Fidel Castro doit se donner aux russes, donc changer de tuteur. Les russes devenus défaillants, voilà les cubains obligés de recomposer avec le maître d’Amérique.
Quant aux Bahamas, à quinze minutes de vol depuis l’aéroport de Miami, il ne pouvait demeurer en dehors du contrôle avé ré des USA en quittant celui de
la Grande Bretagne.
Ces trois groupements de populations, sont ils représentatifs chacun d’une nation ? Une nation peut elle être sans une volonté hégémonique de ses dominants locaux ? Sans que sa bourgeoisie soit concurrentielle? Une bourgeoisie vassale (louverturienne) peut-elle conduire une nation ? Que vaut un passeport caraïbéen ? Voi-ci, les questions essentielles de notre nationalité ?
Insistons un peu sur la «nation» que nous connaissons le mieux: Haïti. Elle n’a jamais eu, même pendant sa période de liberté sauvage, qu’une farouche volonté pour tout moyen de défense militaire. Une portion d’île sans marine de guerre avec une na tion ennemie dans son flanc terrestre, que Dieu ait pitié d’elle. Es-tu une nation lorsque ton voisin le plus proche tue des milliers de tes ressortissants séjournant chez lui et que tu ne tentes pas de les défendre, même pas par une plainte diplomatique par ce que tu sais que le tuteur commun entérinera les faits en interdisant toutes représailles ? Sommes-nous une nation quand nos passeports, notre monnaie sont imprimés à l’étranger? Sommes nous une nation quand nous accep tons que les enfants de nos ressortissants nés dans des pays étrangers où la nationalité est régie principalement par le droit du sol, soien t haïtiens; alors que nous n’acceptons pas la double nationalité et que le droit du sol chez nous est roi ? Sommes-nous une nation quand le tuteur décide que désormais la reconnaissance de la double nationalité est pour nous une nécessité et que nous nous exécutions illico presto, constitutionnellement.
Pourquoi n’existe-t-il pas à l’O.N.U, une loi régissant la dissolution volontaire d’une nation, comme on peut le faire en Fran-ce pour une association loi 1901?
Les israéliens ont bien vécu des siècles comme peuple sans terre, nous pourrions faire pareil ! Par contre, là se pose une autre question essentielle, peut-il exister des haïtiens sans HAÏTI ?
Comme promis, revenons à notre volonté ou non d’être une na-tion. Haïti est née de trois(3) volontés conjuguées :
1) Celle de l’Angleterre qui souhaitait priver
la France de ses principales recettes coloniales.
2) Celle des nègres souhaitant sortir de l’esclavage.
3) Celle des mulâtres à la recherche d’une position forte dans leurs négociations pour l’égalité avec les blancs.
L’Angleterre ne souhaitait certainement pas faire de ces escla-ves une nation, donnant le mauvais exemple à ses propres colo nies d’esclaves, notamment
la Jamaïque à quelques encablures du Sud d’Haïti.
Les nègres ne souhaitaient que la liberté, ils ignoraient jusqu’à l’existence du concept de nation. Ce n’était pas le mode d’organisation qu’ils connaissaient en Afrique avant d’être déportés. On peut leur associer dans cette même mouvance, les quelques amérindiens encore vivants et ceux disparus qui subsistaient da ns leurs veines.
Quant aux mulâtres, ils souhaitaient hériter de leur père pas les spolier de leurs biens.
Donc vous voyez, aucun des ouvriers bâtisseurs de cette nation n’a souhaité la construire. Elle existe par ac-cident L’arbre n’a pas été planté, ce n’est qu’une graine tombée en terre par pur hasard. Mais Dieu, que ses racines sont profondes !
Pour conclure sur la nationalité caraïbéenne, elle n’est que virtuelle, ne repose sur rien du tout. Comme l’en-fant mineur est chez lui en habitant chez ses parents, ainsi est la nationalité caraïbéenne. Elle n’existe que par la volonté des nations adultes, tutrices.
Un jour … Peut-être… caraïbéen sera homme, mes frères.
0696 709431
Pou abonné nan : H ! Sa ka fèt.
Kenbé do-m, mézanmi !
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Faut-il continuer à commémorer l’indépendance de Saint-Domingue ?
27/01/2008 18:59
Faut-il continuer à commémorer l’indépendance de Saint-Domingue ?
Le 18 novembre 1803, à Vertières, la colonie de Saint-Domingue a trouvé sa fin avec la défaite de l’armée escla vagiste napoléonienne. Par cette victoire des troupes nègres, la voie de l’érection d’une nouvelle nation avait été dégagée, ainsi pût renaître Haïti Boyo Kiskéya, devenu Haïti, le 1er janvier 1804, cela fait 204 ans aujourd’hui. C’est notre histoire, c’est celle du peuple noir, de l’humanité. Nul ne doit l’oublier et il appartient à chaque haïtien de garder allumer le flambeau de cette vérité, car nous en sommes les héritiers directs. La question est de savoir sous quelle forme, aujourd’hui que nous ne sommes plus indépendants !
En Martinique cette année, la folie festive a frénétiquement gagnée un certain nombre de «H» à douteuse vertu. Des commémorations de l’indépendance ont poussé tankou bèl ti flè mwa dé mé. Quel but poursuivent ces fils indignes de notre mère meurtrie, dépecée, martyrisée?
En 2003, à la veille du bicentenaire de la proclamation de la naissance d’Haïti, lorsque j’ai souhaité marquer le 1er janvier 2004 avec éclats en organisant une manifestation que j’espérais grandiose, je me suis entendu di-re par 99% des haïtiens d’ici : « nou pa pwal fété indépandans nou, nan péyi moun yo ». Seuls quelques « modé di » ont collaboré avec moi pour sortir une brochure, « Discours sur la grandeur confisquée » que j’ai fait paraître en novembre 2003. La plupart des contributeurs (financiers) ne s’intéressant même pas à ce qui pourrait être dit dans la brochure, plusieurs ne l’ayant sans doute pas ouvert en le recevant. Bien sûr, il y eut une commémoration organisée à la va vite par le Dr. Max Casimir, parce que le Dr. Serge Chalon, martini-quais, avait annoncé un rassemblement sur la place Monseigneur Roméro, à Fort-de-France,et que notre com patriote du même métier n’a pas voulu être en reste. Mais on n’a pas vu ce jour là les associations haïtiennes qui ont pignon sur rue, sinon sous les pieds du docteur. La seule fête nationale qui eut cours ici par une asso ciation haïtienne, c’est la fête du drapeau, 18 mai, que le « Mouvement fraternel de solidarité haïtien ne »organisait chaque année sous la poussée souterraine d’autochtones qu’on reconnaîtra aisément. Qui sait? peut-être que les commémorations de ce 1er janvier cette année en Martinique, ne sont qu’une répétition d’un grand jour martiniquais à venir très bientôt, pour combler les vœux des meneurs souterrains !
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