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H sa ka fèt

VIP-Blog de hsakafet
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  • Créé le : 14/04/2007 23:58
    Modifié : 11/05/2009 16:31

    Garçon (40 ans)
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    Ces bateaux qui ne sont jamais aux ports

    27/01/2008 18:55



    Depuis les années 1990, des caraïbéens essaient de créer sur Haïti un marché de produits français générale-ment usagés, au départ des Antilles françaises. En Martinique, c’est un honnête marin martiniquais qui s’y était lancé le premier, associé à un haïtien de Guadeloupe. Des haïtiens de Martinique ont ensuite pris la relè-ve, tous seuls. 

    Pour l’année 2007, surtout en novembre et décembre, 4 groupes d’entrepreneurs promettaient de faire partir des bateaux pour Haïti. Cette fois-ci, un français blanc s’y était même mis de la partie, mais lui, contrairement aux 3 autres,  ne transportait pas de voiture. Mais aussi, des martiniquais au nom connu du public était à la tête de l’un des groupes sur la ligne de départ. Aucun des quatre bateaux promis, n’a quitté le port. Entre temps, des candidats clients s’étaient inscrits, avaient versé de l’argent, on parle de soixante milles(60 000)euros ramassés par un seul des 4 groupes et ce ne serait pas lui qui aurait fait la meilleure recette. 

    Depuis les années 90 jusqu’au dernier bateau parti, aucune des tentatives n’a été un succès.  Après deux ou trois ans d’annonces de départs ajournés  un raffiot finissait par venir à Fort-de-France sans arriver à toucher un port d’Haïti. Même de l’un d’eux qui réussit toujours à accoster les deux bords, on dit que les marchandi ses restent tellement longtemps dans les conteneurs, qu’elles finissent par pourrir avant livraison à leurs pro priétaires en Haïti.    

    Je m’adresse ici aux autorités françaises:cela ne nous servira à rien de défendre la francophonie dans ces pa-ges, si les produits de l’industrie française ne suivent pas la même dynamique.






    Un rêve nommé Haïti

    27/01/2008 18:50



    Lorsque le système esclavagiste s’est installé en Amérique, il s’est fait sous l’impulsion d’hommes assoiffés de lucres. D’autres hom-mes moins impliqués en ont profité. Ceux-ci ont peut être même été jaloux du succès économique des cadets de grande famille, des bourgeois des grands ports européens ou de simples gens du bas peuple faisant fortune par ce moyen et venant concurrencer financiè-rement, sinon menacer politiquement les nobles dans les sociétés européennes. Est-ce dans cette catégorie qu’il faut classer Raynal? Symbole de tous ceux qui ont rêvé: « … à la vengeance et au carnage. Où est-il, ce grand homme que la nature doit à ses enfants ve-xés, opprimés, tourmentés ? Où est-il ? Il paraîtra n’en doutons point, il se montrera, il lèvera l’étendard sacré de la liberté. Ce signe vénérable rassemblera autour de lui les compagnons de son infortune. Plus impétueux que les torrents, ils laisseront partout des traces ineffaçables de leur juste ressentiment … Les champs américains s’enivreront avec transport d’un sang qu’ils attendaient depuis si longtemps, et les ossements de tant d’infortunés, entassés depuis trois siècles, tressailliront de joie. »     

    Ces propos de Raynal constituent le principe géniteur d’Haïti. Le vengeur  tant souhaité s’est manifesté en Jean-Jacques Dessalines.  

     

    Cependant, d’autres hommes, notamment acteurs de l’histoire de Saint-Domingue puis d’Haïti, ont fait d’au-tres rêves. C’est le cas de Charerron, mulâtre haïtien, instruit, ayant vécu aux USA qui avait proposé à Dessali nes une déclaration d’indépen dance qui paraphrasait pratiquement la constitution américaine.  Ce fut le cas de Pétion, adepte de Platon, qui avait majoritairement l’assentiment de la caste mulâtre et qui fut le père de la République d’Haïti. Ce fut le cas d’Henry Christophe, épris de grandeur certes mais qui  installa dans le Nord un régime construit autour d’un système économique pour développer son pays par la production agricole, les manufactures, l’université. C’est surtout le cas du mulâtre Gérin, complètement original, qui souhaitait faire d’Haïti un cacicat dirigé par un cacique. C’est ce qu’avait trouvé Christophe Colomb en y débarquant en 1492.  

    L’idée de Gérin parut iconoclaste à la caste mulâtre qui s’en est beaucoup moqué à l’époque. Mais c’était la meilleure. Par cette appellation, Haïti sortait du prisme de la pensée européenne de gouvernement, confirmait l’originalité de sa naissance (Premier groupe d’esclaves devenu nation), se plaçait en pays ressuscité, en homme nouveau, concurrent donc égal de son maître. Malheureusement, si Gérin avait de bonnes idées, c’ était surtout un homme d’action. Minis tre de la guerre dans le gouvernement de l’empire, général comman-dant le département du Sud après la mort de Fabre Geffrard, c’est lui qui était à la tête des troupes qui assas-sinèrent l’Empereur dans un guet-apens au pont rouge, à la sortie Nord de Port-au-Prince.  

     

    Malgré ces voies restées en plan, si la face d’ombre du rêve a triomphé, le côté lumière a connu une vie inten-se, même si éphémère :

     Intense, le rayon de lumière qui attira Miranda, précurseur de l’indépendan ce de l’Amérique du Sud, qui en 1805 trouva dans le sud d’Haïti:refuge, ré-confort et aide pour retourner défendre sa cause dans son pays. Plus intense encore fut le rayon qui éclaira la voie de Simon Bolivar, successeur de Miranda, père de l’indé pendance de l’Amérique du Sud qui par deux fois vint se réfugier en Haïti et la dernière fois en 1816, trouva de l’aide en hommes, armes, munitions et matériels de propagande pour aller triompher des troupes espagno -les et proclamer l’indépendance des terres conquises.      

    Puissant le rayon qui en 1816 fit reprendre par la constitution de la Républi que une disposition déjà prise par les pères de la nation : « Tout noir foulant le sol d’Haïti est haïtien et libre. » sous la forme nouvelle de l’article 44 :  « Tout africain, indien et ceux issus de leur sang, nés dans les colonies ou pays étrangers, qui viendraient résider dans la République , seront reconnus haïtiens mais ils ne jouiront des droits de citoyen qu’après une année de résidence ». Grâce à cette disposition constitutionnelle, après que des relations com-merciales furent établies entre la France et Haïti(1813) le Président d’Haïti avait invité tous les noirs et les mulâtres qui s’y trouvaient à venir s’installer dans la République et que leur passage fut payé.  Beaubrun Ar-douin dans « Les Etudes sur l’histoire d’Haïti », nous apprend que:« des hommes semblables étaient ve-nus de la Martinique d’où les préjugés et un régime affreux les avaient classés ». Parmi eux, un certain Lesage mourut général du génie, bien des années plus tard.  

     

     

    Des français de souche, et pas des moindres, vinrent s’y installer aussi. Ce fut le cas notamment de l’ex-con-ventionnel, le révolutionnaire, Billaud-Va renne, après être passé aux USA et au Mexique, il s’installa en Haïti. Que dire du rayon qui fit choisir au peuple dominicain (Rep.Dominicaine) en 18 21, de ne faire qu’un avec les haïtiens ? La liste pourrait s’allonger comme cela, à l’infini.  

     

    Mais en quoi ces éléments sont ils constitutifs du rêve ?  

     

    L’HAÏTI mythique est une terre où l’homme doit vivre en totale liberté, où tous les damnés de la terre ont leur place, une seconde chance. Une terre solidaire de la misère et de l’oppression, peu importe l’endroit ou sur qui elles sévissent. Haïti est le rêve que font les hommes depuis que le monde existe, de vivre libre et en har-monie avec la nature. C’est le rêve de tous ceux, chrétiens, qui ont abandonné fortune et richesse pour aller s’installer et vivre dans un désert ou à la montagne, au service de l’humanité. C’est l’espace où le renon-cement prend corps. C’est le rêve qu’a fait Marcus Garvey en son temps et relayé par la communauté des rastas aujourd’hui. C’est le rêve des hippies des années 1960-1970 : « Paix et amour ». Haïti, c’est la fraternité entre les hommes de toutes couleurs de peau, de toutes religions, de toutes conditions.  

     

    En ce mois de janvier, quand les bottes militaires ont rendu indigeste la soupe de l’indépendance, nous ne sommes pas tristes, même pas résignés, car nous savons que les hommes passent mais les idées demeurent. Haïti ne mourra pas.

                                                                                                                       Hayiti pap krazé.

     

     






    Un géant est parti, Wesner Morancy n'est plus.

    27/01/2008 18:42



    Un géant est parti,  

     

    Wesner Morancy n’est plus.  

     

    Dans la moiteur d’une chambre d’hôtel refroidie par l’hiver de Loire Atlantique, à Nantes, en France, une ampoule a brûlé, une lumière s’est éteinte.  Tour à tour : séminariste catholique, enseignant, fondateur-propriétaire-directeur d’école, Directeur du ministère de l’éducation nationale en Haïti, Hungan, fondateur de l’« Eglise vodou d’Haïti » licencié en droit récemment, il a été tout cela, Wes -ner Morancy.  Francophone et francophile, il est à l’origine de la publication de cette nouvelle série de H ! Sa ka fèt. La seule chance de notre génération, me disait-il, d’avoir une utilité pour notre pays (Haïti), c’est d’y défendre la langue et la culture française. Ce vaudouisan déclaré, était profondé-ment chrétien. Un prêtre (catholique) était selon lui, supérieur aux autres hommes. Le dimanche 9 décembre, nous avons appris avec stupéfaction et une grande peine, son décès survenu à Nantes. Seul dans un grand lit, attendant le retour de sa compagne en tournée artistique.  

     

    Egarée à la recherche d’une impossible notoriété raisonnée, perdue à la poursuite d’une reconnais -sance personnelle, vindicative, combative et pugnace, la bonté faite homme est partie dans l’ombre, recouverte de l’anonymat d’un nègre en pays blanc. Que restera t-il de son passage en ce bas mon-de? Olohum dans sa grande miséricorde en fera t-il la pierre angulaire de l’Eglise vodou d’Haïti »? «Le livre sacré du vodou » deviendra t-il la bible des vodouisan? Ejecté de l’église catholique, con-testé par les vodouïsan traditionnels, Wesner deviendra t-il la pièce maîtresse d’un vodou régénéré, fédéré, construit qu’il appelait de ses vœux sans y avoir foi? Foi ni dans le vodou, ni dans la voie!  

     

     Sa mémoire ne s’effacera point tant que ses amis vivront, le sillon qu’il a tracé dans le vodou est sans doute ineffaçable, il a laissé des descendants biologiques ainsi que de nombreux pitit kay. Dans l’espoir qu’il aura trouvé dans l’autre monde la paix qu’il a tant désiré ces dernières années ici-bas, que ses voies s’éclairent afin qu’enfin il trouve son chemin, pour lui-même et pour ceux qu’il ai-me. Adhuc stat.   

                                                                                                                Fanfan Mahotière

     

     






    La musique antillaise en panne d'image

    29/10/2007 19:55



    Trimestriel N°3 - H! # 26 - Octobre 2007

    Depuis des années, la musique dite antillaise est en panne de locomotive. Plus personne aux antil-les n’est capable d’attirer en masse.Les organisateurs de spectacles, publics ou privés, aspirant à quelques milliers d’entrées, doivent faire appel aux orchestres étrangers, souvent haïtiens. Mais à chaque fois qu’un groupe kompa doit se produire, on entend des vertes et des pas mûres du milieu musical martiniquais, artistes et médias fustigent :Il ne faudrait pas faire d’affiches 4x3 pour les annoncer, x vient trop souvent. Bref, on a pas le choix, mais il faut faire le strict minimum.

     

    Cette année, pour la clôture du Festival de Fort-de-France au stade Pierre Aliker, CARIMI a joué en ouverture d’un groupe d’antillais de Paris(je tairai leurs noms par solidarité avec les médias frustrés).Les télés d’ici d’une manière géné rale n’ont pas été autorisées à montrer les images. Sur Zouk TV et KMT no tamment, aux JT(s) du soir, on a vu que les haïtiens (CARIMI). Quelques jours Plus tard,(5 Août), ZOUKTV n’a pu diffuser que la première moitié du concert de Dillon, le show Carimi. On n’a pas vu l’ombre des artistes pa risiens sur la scène ce soir là.

    A la fin des années 70, les orchestres haïtiens étaient les maîtres du marché ,ils bombardaient les antilles de tubes chaque trimestre. C’était aussi le mo ment ou les orchestres d’ici étaient pléthoriques, prolixes de succès immortels. Les Malavoi, Perfecta, Sélecta (s), Léopards, Opération 78 tenaient la dragée haute aux Skah-shah, Volo Volo, Tabou Combo, DP Express, Mag-num Band, Djet X, Bossa Combo, Coupé Cloué, etc. Certes, les haïtiens avaient une marge confortable, mais ceux d’ici et les guadeloupéens étaient très compétitifs.

    Aujourd’hui, les artistes dits antillais ont abandonné leur marché naturel. Ils l’ont abandonné de deux manières :

       

      En produisant pour le marché national (français). Non pas au goût des communautés caraïbéennes et africaines, mais pour celui des européens.

    1.  

       

    2. Et Physiquement, depuis quelques années, à chaque fois qu’un talent antillais pointe la tête, il s’en va se noyer dans le ghetto communautaire à Paris.

       

    Jusqu’ici,c’est une catastrophe. Ce marché demeure imperméable, et il faut affronter la concurrence des antillais nés ou grandis à Paris, ainsi que les africains qui naviguent dans les mêmes eaux, avec d’autres influences.

    C’est un choix commercial que nous ne discuterons pas. Nous observons simplement que la Compagnie Créole détient le record des ventes de disques vendus en France par des artistes antil lais, alors qu’ici, ce groupe fait rire. Le public des antilles est donc méprisé, ses goûts et ses aspirations piétinés par ses musiciens. Bafoué, il s’accroche aux haïtiens dont la musique est adap-tée à ce marché ci.Les faits sont là:Il n’y a pas eu un seul tube en Martinique depuis"Haïtiantroua dour "volume 1 et le premier disque de Carimi, la même année.Le dernier succès d’un antillais remonte à Saël (tchimbé rèd pa moli), les anciens s’en souviennent sans doute! La vie nocturne est devenue complètement insipide, entraînant forcément dans son sillage les émissions télévisées qui en faisaient leur fond de commerce. Que dire de backstage et de zoukamine, cette année? Rien. Parceque si le meunier fournit de la mauvaise farine, le boulanger produit obligatoirement du mauvais pain. Mais les décideurs du milieu persistent à se faire harakiri en voulant nier l’évidence:il y a un vide à combler. La musique haïtienne est la seule à pouvoir le remplir efficacement et d’un point de vue économique, plus avantageusement. Radios et télévisions, dont on connaît la précarité du bud-get, ne paient aucun droit pour sa diffusion, les tenanciers de bar et les organisateurs de soirée quel-conque n’ont pas à payer pour jouer un disque qu’ils ont acheté, les musiciens de base, ceux qui aident à tuer l’ennui du week-end dans les dîners dansants, les midi-minuit, les animations d’hôtel et de restaurants ou d’autres soirées privées et publiques font un lourd usage des reprises de kompa, le grand public en redemande. Malgré cela, les meneurs insistent, étouffant la poule aux œufs d’or. Le 21 juillet, au stade de Dillon, ils ont reçu une bonne leçon :

    A force de vouloir faire obstruction, ils ont fini par s’obstruer eux-mêmes!

     

     

     






    Qu'est ce que l'haïtien?

    29/10/2007 19:49



    Trimestriel N°3 - H! # 26 - octobre 2007

    Nos intellectuels ont la fâcheuse tendance à philosopher sur les sujets dits et supposés universels, généralement déjà discutés par les penseurs du passé, originaires d’autres coins de la planète. S’il est certain que les grands thèmes demeurent les mêmes partout, le temps et le lieu où ils sont dis cutés cependant, introduisent des critères qui sont des différentiels sur leur forme et leur contenu. Il est temps pour les caraïbéens de discuter des sujets qui les concernent, d’avoir un jugement sur leur environnement, une vision du monde à partir de la Caraïbe. Suivant cette logique, les haïtiens ont le devoir de faire le bilan de leur existence après deux cents ans. Non pas l’inventaire de leur si-tuation par rapport à ce que souhaitaient faire d’eux, ceux qui ont congloméré les différents groupes et individus qui allaient en 1803 s’ériger en une nation aujourd’hui encore détestée; mais le bilan de l’accomplissement des vœux de ceux-là qui ont fait couler leur sang, qui ont risqué leur vie, souvent l’ont perdu pour que leurs enfants aient une chance de vivre libre, que leurs descendants soient des hommes, qu’ils aient les moyens de choisir leur mode de vie.

    Retournons brièvement à l’universel : Faut-il accompagner la nature ou au contraire la dominer?

    C’est une question que chaque homme devrait se poser. Nul aujourd’hui n’est en mesure de dire qui de ceux qui avaient fait le choix initial d’accompagner la nature ou de ceux qui voulaient la dominer, ont tort ou raison. Tous, accompagnateurs ou dominateurs, naissent, grandissent et meurent, com -me il était au commencement des temps et le sera toujours. On peut seulement constater que les hom-mes qui ont cherché la domination, s’ils n’y sont pas parvenus, dirigent néanmoins ceux qui n’ont souhaité que l’accompagnement.

    Dessalines avait choisi l’harmonie avec la nature. C’ est ce à quoi aspiraient ceux à la tête de qui il s’était mis. Ainsi vivaient leurs ancêtres Africains et Amérindiens. C’est sans doute ce qui aujourd’ hui encore provoque la disparité, notamment économique, entre les descendants d’esclaves devenus nation, et les héritiers de leurs anciens maîtres. Nation, le mot est lâché. Le "Petit Larousse " définit la nation, comme [une communauté humaine, le plus souvent installée sur le même territoire, et qui, du fait d’une certaine unité historique,linguistique,religieuse ou même économique, est animée d’un " vouloir vivre en com mun "].Communauté humaine, nous le sommes. Installée sur le même territoire, nous le som-mes (majoritairement ) Certaine unité historique: nous l’avons.Linguistique, nous parlons tous créole;Religieuse: le vodou est un tronc commun, assumé ou non.Par contre:est animée d’ un vouloir vivre en commun, je n’en suis pas sûr. Nous sommes une nation, selon les critères définis par le Petit Larousse. Sommes-nous un peuple? Retournons au Petit Larousse. Il y a plusieurs définitions, j’en prends deux qui me semblent nous convenir :

    "Multitude d’hommes formant une nation "(c’est notre cas)et Foule, considéré comme étant de la même famille que Peuple, pratiquement un synonyme. Je pencherais d’ailleurs pour ce vocable, Foule. La nation haïtienne n’est pas un peuple, mais une foule. Les composants de la foule sont anonymes, le collectif n’a pas de vocation identitaire La foule n’a pas d’ambitions, ces vociférations ne sont que des revendications. Je procède ici par bonds, le cadre ne se prête pas à un développement méthodi que. Reculons donc pour mieux sauter: Dessalines et son camp aspiraient à retrouver la douceur de vie d’une économie de subsistance, c’est ce qu’ils ont réalisé. Ils souffraient d’un frère ennemi qui combattait, outrancièrement, les aspirations du plus grand nombre, avec comme slogan: "Le pouvoir au plus capable ". Ennemi ou pas, un frère est une branche attachée au même tronc, alimentée de la sève que puisent les mêmes racines. Son opposition est destructrice. La nation, même en sauvant les apparences, a volé en éclats, empêchant de ce fait l’émergence d’un peuple,c’est-à-dire, d’un group e animé de la volonté de vivre ensemble selon ses propres lois, coutumes et croyance s, en assumant ce qu’il est historiquement, culturellement; sans honte ni fierté, juste convaincu de son existence pleine et entière. Conviction portée aussi bien par le collectif que par chaque individu le constituant. Ce n’est malheureusement pas notre cas.

    Comment le procréateur de notre nation, nous avait-il défini? Qui est HAÏTIEN?

    Dès les premières lois promulguées après la proclamation de l’indépendance,il est dit " la nationa lité haïtienne se perd par l’émigration" et cette disposition est reprise par les constitutions qui ont suivi. Autrement dit, le natif qui laisse le sol ne bénéficie plus de la protection de l’état. La qualité d’haïtien est donc indéfectiblement liée au territoire et non à l’homme, rendant de ce fait caduc la notion de filiation. Nous concluons que l’haïtien est celui qui naît et demeure en Haïti.

    Dans la même période,anté-constitutionnelle, le Gouverneur Général à Vie, J.J. Des- salines, décrè -te :"Toute acceptation de couleur parmi les enfants d’une seule et même famille dont le chef de l’état est le père devant nécessairement cesser, les haïtiens ne seront désormais connus que sous la dénomination générique de noirs "Pourtant, des lettres de naturalisation,en janvier 1804,ont été délivrées à des polonais,des al-lemands et des français;elles stipulaient notamment,que chaque naturalisé se devait: " de con tribuer de toutes ses forces,de tous ses moyens, à la conservation et à la prospérité de l’île d’Haïti dont il devient par ces présentes l’enfant adoptif … "Vous noterez encore la référence au territoire et non à l’humain. Nous sommes donc en droit de conclure que deux (2) critères déterminent l’haïtien: la terre d’Haïti et la pig mentation. D’autant que ces mêmes constitutions précitées proclament : " Tout noir foulant le sol d’Haïti, est haïtien et libre ".Cette dernière assertion constitutionnelle résume toute l’haïtianité des premières années, la territorialité primait sur l’humain. Qu’en est-il aujourd’hui?

    Le prisme occidental dans lequel nous sommes, privilégie la filiation. Mais naturellement, les pays du continent américain ont tous optés pour le droit du sol, en gardant un germe filial pour certains. Aux USA, par exemple, où le sol est roi, la filiation demeure sous jacente, puisqu’on dit "américain d’origine x ". Aux Bahamas et en République dominicaine, les enfants d’haïtiens restent haïtiens. Bien que pour les pays de la Caraïbe, nous ne voyons pas d’où peut émaner la différence filiale, puisque la partie ancestrale africaine a été ramassée dans les mêmes forêts équatoriales, embar-quée sur les mêmes bateaux négriers, éparpillée au hasard des enchères esclavagistes sur les mêmes îles habitées originellement par les mêmes tribus amérindiennes, saupoudrée d’une même minorité européenne. Qui est donc ce père originel et original des populations de chacune des îles et pays de la Caraïbe? Nous, haïtiens, notre père c’est Jean Jacques Dessalines. D’autres fils de la même terre d’Haïti se réclament d’un autre père, Alexandre Pétion. Ce ne peut être qu’un beau-père, pas un géniteur. Ceux qui se réclament de lui, rejettent l’option majoritaire, ne s’assument pas, s’excusent de leur existence; ce sont les enfants de la honte. Une dernière catégorie se recrutant dans les deux précédentes, se réclame d’un vendeur de pays, de ses frères, Toussaint Louverture. Ils rejettent leurs racines africaines, souhaitent être le bras de la domination, de l’exploitation des puissances tutrices, localement. Il ne faut pas s’y méprendre, ces catégories que je viens de citer ne sont que des fissures. Officiellement chez nous, le droit du sol est toujours en vigueur. Quicon -que naît en Haïti est haïtien. Même si les étrangers qui font un enfant en Haïti le déclarent à leur ambassade d’origine et ainsi courtcircuitent la nationalité haïtienne. Les enfants d’haïtiens qui nais sent à l’étranger, ne sont pas considérés haïtiens par nous. Seules les lois ou pire encore, les coutu mes de certains pays d’accueil rejettent ces enfants vers leur origine parentale, en leur refusant l’in-té-gration. Considérant que les diplomates haïtiens ne sont que des voyageurs de commerce ven-dant notre force de travail et récupérant des fonds pour leurs frais de fonctionnement en nous distri-buant des passeports ou tout autre papier officiel réclamé par les administrations des pays où nous vivons, même quand ces documents n’existent pas en droit Haïtien; l’haïtiannité est aujourd’hui plus un blâme qu’autre chose. Malgré tout, ceux qui prennent naissance en Haïti, sont haïtiens, de gré ou de force. Car, Haïti écrit sur une pièce d’identité, y compris celles délivrées par un état étranger, est un signalement pour mise en quarantaine. Que chaque natif natal fasse son choix : s’Assumer ou se laisser piétiner.

     

     

     

     

     

     

     

     






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