H! Sa ka fèt # 24 Trimestriel N°1
Editorial : H! Sa ka fèt: Le retour
Les raisons qui ont commandé l'arrêt de la parution de notre journal en Août 2002 sont intactes. Celles qui ont été mentionnées dans notre dernier numéro, #23, sont exactes. Seulement, je devais quitter incessamment la Martinique, j'y suis encore, bloqué au point zéro. Cependant, H! Sa Ka fèt était indispensable à la communauté et il le demeure. Les raisons qui nous obligent à exister sont nombreuses. Je me contenterai de citer les deux plus importantes, les deux piliers du temple:
1)La francophonie, déjà moribonde en Haïti, va de mal en pis malgré la présence française au sein des troupes onusiennes.
2)La situation de la communauté, déjà pas brillante en 2000, lors de nos premières parutions, est aujourd'hui carrément catastrophique.La fraction martiniquaise, par exemple, industrieuse au départ(artisanat, commerce) est maintenant complètement domestiquée ( agents de sécurité, employés de maison).
Nous sommes l'une des dernières générations à avoir été bercées par la l'influence de la culture française majoritaire en Haïti. si la francophonie disparaissait alors que nous sommes encore vivants, c'est que nous aurions été culturel-lement zombifiés, socialement effacés. Et avec nous, la France, historiquement humiliée. saint Domingue, la glorieuse, fut une création française, Haïti est sa fille unique. L'attaque virulente, massive que nous subissons de la part de la culture anglosaxonne, particulièrement l'avalanche américaine, doit être arrêtée. Nous sommes les fils de l'esclave (St. Domingue) qui a brisé ses chaînes (Haïti) et choisit un modèle culturel ( France). Ce fut notre choix, nul n'a le droit de nous imposer un autre. Quelques soient les qualités de cet autre, par ailleurs. Liberté ou la mort, c'est l'héritage dessa-linien. Dessalines a fait de nous des haïtiens. HAÏTIEN, syncrétisme d'ethnies africaines et d'amérindiens(Arawacks) moulé dans la culture Française.
Quant à nos hôtes, parcellaires, qui n'ont pas encore compris que nous sommes tous des petites barques de sauvetage montées sur un même grand paquebot affrontant les flots déchaînés; qu'ils ouvrent grands les yeux : car Nous ne sommes pas des adversaires, encore moins des ennemis, Même pas des concurrents.