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Les tribulations du H! (suite)
11/08/2008 19:57
Lorsque nous avons publié le trimestre dernier l’article intitulé« Les tribulations du H ! »Nous ne pensions pas avoir à lui donner suite. Ceux qui l’ont lu, savent qu’il ne s’est agi que d’une situation avérée et récurrente dont no us avons simplement souhaité dénoncer. Mais nous sommes obligés d’y revenir, car le sabotage prend de l’ampleur.
Nous savions depuis le 1er volume que nos téléphones pourraient être sur veillés. Nous savions aussi que notre adresse e-mail était piégé,un virus dévastateur nous a même été envoyé sous l’apparence d’un de nos correspondants-partenaires. Ce virus ne s’étant pas contenté de ravager le compte Internet, il a aussi bien détruit le modem, le disque dur et la carte mère de notre ordinateur. Mais c’était après que nous ayons arrêté la parution du feuillet. A chaque fois que nous avons par la suite créé d’autres comptes Internet, dès que l’adresse paraît avec l’un de nos textes publiés par l’association, les disfonctionnements commencent, certains de nos correspondants n’arrivant plus à nous envoyer de message et nous mêmes n’arrivons plus à leur en envoyer. Mais nous avons appris à nous y adapter.
Avec le second volume, nous avons créé un blog : http// :hsakafet.vip-blog .com, nous vous avons expliqué le trimestre dernier comment des inconnus se sont chargés de décorer le fond avec le drapeau haïtien. Nous avions omis de vous raconter qu’il était impossible d’atteindre le blog, en tapant direc- tement l’adresse dans un moteur de recherche, même le plus performant Quand cela nous a été signalé, nous indiquions à ceux qui le souhaitaient u ne astuce pour y accéder et cela marchait. Mais voilà, l’ennemi veille au grain. C’est maintenant moi, qui de chez moi, ne peux plus y accéder. La dernière fois que j’y suis allé, c’était pour ajouter les textes du trimestriel N°5. Cela avait bien commencé, mais après le 3ème texte publié, je n’arrivai s plus, depuis l’accès membre, à arranger le texte pour le rendre propre à la lecture. Aujourd’hui je n’y ai plus accès du tout. Aucune astuce ne marche, le blog est inexistant,quelque soit la voie utilisée pour sa recherche,des lien s commerciaux que nous ignorons totalement sont indiqués comme résultat s de toute recherche. Je tiens à signaler aux lecteurs, qu’il ne s’agit pas là d’actions commandées par les autorités légales, et je le dis sans faux semblant, bien qu’il est fort possible que ce soient les moyens de l’état qui aient été utiliés. C’est plutôt des manigances d’un ou de plusieurs chimères, aliénés, faisant du zèle pour noyer leurs chagrin et amertume dus à une existence insignifiante qu’il(s) essaie(nt) de faire valoir dans les méandres du nèg kont nèg. Ces malheureux remplis de méchanceté, viennent de faire un bien. Ils m’ont donné une raison valable pour vraiment m’intéresser à la réalisation de H!Sa Ka fet, qui com mençait sérieusement à m’ennuyer. Je n’ai pas désiré publier ce 2ème volume(Trimestriel) J’ ai accepté d’en assumer la charge que pour faciliter la tâche à des compatriotes qui se sont révélés de vertu fragile. Des engagements étant pris auprès des lecteurs, je m’attache à les honorer, sans enthousiasme. Celui qui a des yeux pour voir peut constater, si le niveau du H !demeure correct, l’apparence et le ton inchangés, les articles du trimestriel n’ont pas la densité de ceux parus dans le mensuel. Ce n’est là que le résultat d’un manque d’attention accordée à la rédaction. Mais désormais, retroussez vos manches, messieurs les bouchons, je vais vous faire un journal, à nouveau.
Cependant, le H ! réitère ses affirmations de toujours :
1) nous sommes francophiles.
2) Nous respectons les personnes et les lois du territoire qui nous accueille.
3) Nous menons le combat pour la défense de nos intérêts communautaires au grand jour et avec détermination,dans le cadre fixé par les lois de
la République
française.
Quant aux rampants enfouis qui cherchent quelque lumière dans les luttes horizontales, nous ne leur ferons plus l’honneur de nos pages. Ils nous font certes pitié, car se sont malgré tout des frères malheureux ; mais il existe des misères méprisables.
Dans un bureau de poste, 2 ou 3 ont essayé de nous intimider, 2 autres nous ont donné de fausses informations pour essayer de nous faire payer le courrier du dépôt légal à
la Bibliothèque
Nationale.Un
gars du tri postal nous a renvoyé un même courrier adressé aux archives départementales par deux fois, pour absence de timbre, inscrit au dos de l’enveloppe. Lorsque nous lui avons mis les réfé rences légales régissant la franchise postale du dépôt légal qui nous a été remises par les archives départementales, il nous a quand même renvoyé le courrier accompagnant une lettre qu’il a signée, pour nous indiquer qu’il n’avait pas acheminé le courrier, parce que l’expéditeur n’y avait pas mis son adresse. Comment a-t-il pu le renvoyer à la bonne adresse, alors ? Aux archives départementales, un gars bien gentil nous a signalé qu’il n’était point utile de nous fatiguer à faire le dépôt légal, car de grands imprimeurs et éditeurs martiniquais, qu’il nous a cité, se faisaient tirer les oreilles pour le faire. Franchement, j’ignorais que ce feuillet fût aussi bon pour susciter tant d’acharnement contre sa publication. Je vais m’y acharner.
Fanfan Mahotière
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Le parcour du combattant de Charles Pierre-Jacques
11/08/2008 19:53
Charles Pierre-Jacques est un universitaire d’origine haïtien ne, naturalisé canadien. Il est notamment détenteur d’un doctorat en sociologie de l’éducation obtenu à
la Sorbonne
, Paris. Il voulait couler des jours heureux à
la Martinique
, retraité qu’il est maintenant après avoir enseigné dans plu-sieurs universités canadiennes et même dirigé des program mes d’étude financés à
la Martinique
par le gouvernement canadien, à Fonds St-Jacques. Mais Charles est en train de faire l’expérience de l’haïtiannité difficile à ses dépens. Le 27 mai sur ATV, il était venu raconter ses déboires avec la préfecture de
la Martinique
pour l’obtention d’un permis de séjour. Il a selon nous plus desservi sa cause qu’autre chose. Son discours était confus, sa voix souvent inextricable, ses propos s’apparentant d’avantage à des injures plutôt qu’à une plaidoirie de défense. Pour l’avoir entendu ailleurs et dans des circonstances plus sereines, nous savons ici que son langage et sa voix peuvent être tout à fait conformes à la sa tisfaction d’un auditoire. Mais c’est vrai qu’il les accompa gne automatiquement d’un gestuel théâtral qui fit dire à l’a mi qui m’avait signalé sa présence à la télé ce soir-là, que Charles a un côté guignol inquiétant.
Laissons l’apparence pour le fonds : malgré ses diplômes en sociologie, de
la Martinique
, Charles n’a rien compris. Il dit avoir rencontré Aimé Césaire en 1977 pour la 1ère fois, il a oublié de lui poser les bonnes questions. Le grand homme lui aurait sans doute enseigné qu’une tête vivant détachée de son corps, c’est un monstre. Il se croyait sans doute protéger des déboires de l’haïtiannité, couvert de sa nationalité cana dienne et de ses diplômes durement acquis, c’est raté.
H la maké nan fon-w, chal !
P.S. Aux dernières nouvelles, il semblerait qu’un vi sa de séjour aurait été délivré à Charles et qu’il l’ait gentiment accepté.
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Neg nan dlo
11/08/2008 19:51
Il y a un adage en langue créole qui prétend : « dépi nan ginen nèg pa vlé wè nèg ». Il vient sans doute de la période esclavagiste, quand les nègres créoles, nés aux Antilles, se voyaient et se comportaient en supérieurs des nègres nés en Afrique et déportés aux An tilles qu’on appelait bossals. Les deux étaient esclaves, leur sort était commun, mais comme s’il fallait une hiérarchie entre les deux, ceux d’ici avaient décidé que le lieu de naissance déterminerait le rang de chacun. Dans une société où l’espérance de vie était pré caire, où la force de travail était musculaire, où les outils eux-mêmes exigeaient des hommes forts, où souvent des animaux(bœufs, chevaux, etc.) étaient utilisés en rescousse, où le nombre soulageait du poids, on aurait pu croire qu’un frère d’où qu’il vient était une aide précieuse. Non, le mépris du nouveau venu prévalait. .. Et ce ne fût pas qu’entre les noirs. Il y avait aussi les blancs manants, les engagés qui avaient les mêmes conditions que les esclaves noirs à côté des colons gérants, d’autres absentéistes. Mais dans le cadre de cet article, nous nous tiendrons uniquement à l’héritage nègre.
Aujourd’hui, nous ne sommes plus esclaves, mais pas grand-chose n’a changé. Le bossal n’est plus originaire d’Afrique, il vient de l’île voisine, de telle sorte que tout le monde est bossal et tout le monde est créole en fonction de sa sédentarité ou de sa mobilité. L’ haïtien, parce qu’il sortit très tôt du système dominant, est celui qui a gardé le lien le plus distendu avec son colonisateur primaire. Il est le plus répandu chez ses voisins immédiats les mieux lotis. Les autres se recensent d’avantage dans leur ancienne métropole et aux USA, Canada. Dans ces pays aussi, entre les immigrés caraïbéens, noirs en général, la division est de mise. Le nègre américain prend de la hauteur vis-à-vis du nègre caraïbéen. Il n’est pas rare d’entendre deux caraïbéens d’îles différentes mais résidant tous deux aux USA se chamailler et que l’un lance à l’autre : « retourne dans ton trou perdu (citant le nom de l’île) ».Certains intellectuels bien pensants mettent cela sur le compte du principe : « diviser pour régner », ce serait donc la faute aux colonisateurs. C’est un élément de réponse. Cependant, entre les nègres de même nationalité, la bataille territoriale fait souvent rage en terre étrangère. Les haïtiens de Brooklyn disent que ce quartier de New-York city est la capita le de la diaspora haïtienne, ce titre leur est fortement contesté par ceux de Miami qui prétendent qu’il re-vient de droit à leur ville d’adoption ; alors que ceux des périphéries refusent à être des ruraux, du fait de leur non résidence en ces deux centres. A
la Martini
que, les haïtiens de Fort-de-France appellent ceux qui habitent la périphérie, « nèg an déyò ».
Nous ne sommes donc pas étonnés que des autochto nes jouent des pieds et parfois des mains, pour faire savoir aux résidents qu’ils ne sont pas chez eux et qu’il faut partir de là. Le problème c’est que celui qui repart, décidé à vivre sur sa terre de naissance, s’entend dire par les sédentaires restés au pays,quan d est-ce que tu retournes chez toi? Du coup, celui qui eut le malheur d’émigrer pour quelque soit la rai son, ne sait plus où est chez lui. Il ne lui reste qu’à trouver quelques grosses pierres pour quelque part, au milieu de nulle part, dans l’océan sans doute, éri ger une île pour habiter. Et même là, il n’aurait au cune garantie qu’un prédateur-colonisateur, ne vien-drait pas l’y déloger. (Suite à la page 2)
Une forte population venant d’Haïti s’est retrouvée bloquer à Cuba après l’accession au pouvoir des communistes. Une autre partie attirée par la ré ussite de la colonisation britannique dans les Bahamas, ne sachant plus où donner la tête après l’indépendance de l’archipel bahaméen, croupit là dans les bas fonds de la société « émancipée ». Souvent, lorsqu’on en-tend parler de boat people haïtien en direction de Miami, ils sont partis des Bahamas. On connaît la situation de nos compatriotes en République dominicaine.
Malheureusement, il n’y a pas que les haïtiens: Les statistiques de la mari ne américaine dénoncent la capture de milliers de ressortissants de
la Ré
publique dominicaine essayant d’atteindre illégalement chaque année, les côtes de Porto-Rico sur des embarcations de fortune. Leur nombre est 3 fois plus important que celui des haïtiens essayant de rejoindre Miami dans les pires années. Beaucoup de trinidadiens et de Barbadiens sont réfugiés au Venezuela, les originaires de
la Dominique
sont en masse à St-Thomas, Ste-Croix. Les St-luciens sont nombreux en Martinique, il y a eu dans les années 1980 une forte communauté de martiniquais dans le « Barrio5 », un bidonville de Caracas. Il y a une star martiniquaise du ca lypso à Trinidad, c’est sans doute l’arbre qui cache la forêt; François Du valier était martiniquais, nombreux furent et demeurent ses compatriotes assimilés à la population haïtienne. On retrouve en Martinique des ressor tissants haïtiens nés en Haïti de parents jamaïcains, dominicains et autres.
Le retour de toutes ces personnes quelque soit leur origine, n’est pas sou haitée sur leur territoire initial. Ils subissent les pires misères de la part des sédentaires lorsqu’elles tentent de s’y réinstaller. Je connais un habi- tant du barrio 5, de Caracas, qui m’avait hébergé lors d’un séjour là-bas, il essaie depuis longtemps de revenir vivre à Fort-de-France, le pauvre, c’est pour lui un véritable calvaire. Et là, je n’apprends rien à personne.
Lorsque
la Caraïbes
était productrice, le nouvel arrivant était peut-être raillé, mais accepté. Aujourd’hui que notre bassin n’est que consomma-trice, le nouvel arrivant est perçu comme un agoulou qui vient émietter le peu, l’insuffisante pitance que les bonnes âmes daignent nous faire la charité. En ce qui concerne Haïti particulièrement, l’expatrié de retour vient perturber la bonne marche du nouveau régime qu’on essaie de met tre en place, du point de vue des dominants. Alors qu’il était pourvoyeur en étant absent, il devient mendiant lui aussi en revenant, aux yeux des sédentaires. Il est peut-être temps que chacun des îliens de
la Caraïbes
cesse de regarder son nombril affamé, et qu’il réfléchisse sur son sort global tel que s’y adonne notre tuteur quel qu’il soit.
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La dette de l'ind¨¦pendance d'Haïti
11/08/2008 19:47
Nous fûmes ici, en Martinique, les premiers à aborder dans l’un de nos numéros paru lors du 1er volume(2000-2002) le sujet de cette indemnité consentie à Charles X par les haïtiens pour dé dommager les pertes de propriétés privées des colons de Saint-Do-mingue. Suite à la parution de notre article, Marie Claude Céleste de RFO,a pris le relais en interviewant un historien fran çais(de métropole). Par la suite, les commémorations du bicente- naire de la naissance d’Haïti aidant,ce sujet est devenu populai- re. Pour sa connaissance approfondie, nous référons le lecteur à l’excellent ouvrage de Baubrun Ardouin publié à Paris en 1858 et réédité à Port-au-Prince en 1958 pour son centenaire, par le Dr. François Dalencourt :« Les Etudes sur l’histoire d ’Haïti ». Il existe au moins 2 exemplaires de ce livre en Martinique, l’un est notamment détenu par un martiniquais, professeur d’his toire, historien connu et réputé de la place.
Ce qui nous préoccupe, c’est que cette indemnité est dénoncée par les intellectuels d’ici, comme la cause principale de la situa tion économique actuelle d’Haïti. Le méchant ogre français au-rait imposé aux innocents petits haïtiens, des esclaves libérés donc pauvres, une indemnité financière qui dès le berceau a an-nihilé toute velléité de développement de leur territoire. C’est faux.
Nous le répétons, ce sont les haïtiens qui dès 1813, par la voix d’Alexandre Pétion, ont proposé de dédommager les anciens co lons de Saint-Domingue, spoliés de leurs biens.
La France
n’en a pas voulu. La dernière expédition punitive préparée par Napo léon contre les haïtiens date de 1814;seule la première chute de l’empereur cette année là, l’en a empêché. Les haïtiens,ceux de
la République
d’Haïti, c’est-à-dire, des départements Ouest et Sud commandés par les mulâtres, sont régulièrement revenus à la charge sur cette question et
la France
, même sous le régime de
la Restauration
avec Louis XVIII, a persisté à répondre qu’ une seule chose qu’on peut résumer comme suit : « Saint-Do-mingue est à nous, vous nous le rendez sans condition; nous saurons être magnanime à votre égard ». Position d’autant plus facile à tenir que Christophe, président de la partie Nord en 18 14, avait fait fusiller Franco de Médina et D. Lavayse, deux é-missaires français, des espions, selon les renseignements don-nés aux haïtiens par les services compétents de sa gracieuse ma jesté britannique.
En 1825, lors de l’édit qui reconnut l’indépendance d’Haïti par le Royaume de France, le chancelier d’Autriche, Metternich, mène le bal en Europe. L’Angleterre, maîtresse des mers, con trôle d’une manière générale le reste du monde,
La France
n’a pas les moyens diplomatico-militaires d’imposer quoi que soit à aucun pays constitué, surtout outre-mer. D’autant plus qu’en 1823, les britanniques et les américains ont reconnu les indépen dances des nouveaux pays de l’Amérique du Sud, la pression est mise donc sur la monarchie française de faire aboutir le dos sier d’Haïti, sinon les autres puissances vont reconnaître l’état. Notons en passant que Christophe est décédé en 1820 et que
la République
d’Haïti a hérité de tout le territoire et même de la partie Est en 1822.
Cent cinquante millions (150 000 000), c’est la somme payée par les USA aux britanniques pour le dédommagement des per-tes causées par l’indépendance américaine aux colons anglais. En regardant les statistiques de l’import-export d’Haïti avant 1825, le commerce extérieur haïtien est bénéficiaire annuellem ent de plus de trente millions(30 000 000)d’excédents.Echelon- né dans le temps, comme ce fût le cas de notre«dette» 150 00 0 000, ce n’était pas la mer à boire pour Haïti. Quant au fait de dédommager financièrement pour une victoire acquise par le sang versé, tous les nouveaux pays indépendants de l’époque l’avait accepté, non pas au titre des biens de l’état mais à celui de la propriété privée.
Si l’engagement n’a pas été honoré, c’est du fait de l’inorgani- sation de l’état. J-P. Boyer avait décidé de son propre chef de contracter cette dette, contre l’avis général de la nation haïtien -ne, la nation n’a plus payé d’impôts permettant son rembourse- ment. C’est aussi simple que cela. Sauf que les actes du pays of ficiel ne peuvent être compensées par des manifestations d’hu meur du pays réel. Pour éviter les effets néfastes de cette dette, il aurait fallu officiellement la contester. Mais la présidence de Boyer fut la plus longue qu’a connue Haïti et les gouverne ments qui ont suivi n’ont pas osé le faire, car l’exercice du pou-voir dans ce pays a toujours été un préambule à l’exil. On ne peut se permettre de se mettre à dos un pays dont le représen tant à la capitale vous accordera la protection de son ambassade quand le moment sera venu. La vente de ses frères, ses admi nistrés, est moins périlleuse.
Pour clore cet article, nous rappellerons que nous n’avons cessé de répéter dans nos pages, les raisons de la situation économi- que actuelle d’Haïti. Nous faisons remarquer notamment que les pays africains, même l’Ethiopie qui n’a connu qu’une infi -me période de colonisation qu’au cours du milieu du 20ème siè cle,sont loin d’être des paradis sur le plan du développement et de l’économie. Nos ancêtres ont lutté pour leur liberté et la nôtr e d’aujourd’hui. Jacques Roumain a écrit qu’ « on vit en atten -dant la mort, pour ne pas casser le fil on fait des enfants ». Ain si vivait-on en Afrique et aux Amériques avant l’arrivée des eu ropéens,ainsi nos ancêtres ont souhaité revivre quand ils étaient esclaves, ainsi ont-ils vécu lorsqu’ils se sont débarrassés de leu r chaîne. La seule organisation qu’on a connue après l’indépen dance, c’est la défense du territoire en vue du retour de l’ancien maître. Elle fut un succès incontestable, puisque cet ancien maître n’a plus remis les pieds là au titre qu’il l’avait quitté et notre référence architecturale nationale, ce que les américains appellent « land’s mark », c’est la citadelle Lafferrière, fleuron de nos constructions en vue de cette défense, monument aujourd’hui classé au patrimoine de l’humanité donc reconnu comme une réussite.
Quant à la parade maritime des navires du monarque dans la ra de de Port-au-Prince au moment où Mr. De Mackaud, recevait l’assentiment de l’assemblée nationale sur l’acception de l’édit de Charles X par J.P Boyer, et les coups de canon festifs qui ac compagnèrent la dite parade, nous n’avons jamais eu de marine nationale capable de défendre nos eaux. Les quelques bâtimen ts d’occasion qui ont été acquis par les haïtiens ne servaient que dans les guerres civiles, notamment entre les noirs et les mulâ tres. Pour contrer l’ennemi étranger, nous nous sommes toujour s arque boutés sur la terre ferme. Il est de notoriété publique qu e les ports haïtiens après l’indépendance étaient toujours pleins à craquer de marins étrangers, militaires des grandes nations co loniales qui venaient y prendre du bon temps avec nos belles de nuit. En ce qui concerne l’indemnisation des colons, Louis XVI II, 1er monarque de la restauration, avait déjà mis un milliard cinq cents millions (1 500 000 000) de francs à la disposition des anciens colons de saint-Domingue, à titre de dédommagement pour la perte de leurs biens. L’indemnité consentie par Boyer ne représentait que 10% de cette somme. J.P. Boyer fut le porteur d’eau de Pétion pendant toutes les guerres de l’in dépendance, son nom n’apparaît dans aucun combat contre le colonisateur. Il fut le premier à réhabiliter Toussaint Louvertu re dans notre histoire et demanda à Mr. De Mackaud, un por-trait de Charles X lors de l’acceptation de l’édit. Boyer n’était qu’un autonomiste à la tête d’un pays indépendant, aujourd’ hui on dirait qu’il est un néocolonialiste.
Pour finir, je n’apprendrai à personne en occident et ses ramifi cations, qu’il existe des pauvres heureux, ceux qui en ont fait le choix. Vous n’avez jamais entendu parler d’homme ayant fait le vœu de pauvreté ?
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Commémoration des fêtes nationales haïtiennes en territoire français
11/08/2008 19:43
Depuis quelques temps maintenant, des haïtiens souvent titulaires d’un passeport français, mais aussi de simples résidents, cé-lèbrent en grande pompe, en Martinique notamment, les dates glorieuses de notre histoire nationale haïtienne. 18 mai : fête du drapeau ; 18 Novembre: fête de la bataille de Vertières, autrement appelée fête de l’armée sous Duvalier;1er janvier, fête de la naissance d’Haïti,passée dans les mœurs comme fête de l’indépendance.
Je suis haïtien de naissance, de parents, de culture et d’histoire. J’assume entièrement tout l’héritage légué par les saints-domin guois, mes ancêtres. Le bon comme celui que les ennemis de m on peuple considèrent comme mauvais, j’assume. Partout où vi t un haïtien, il a le devoir de soutenir la mémoire de son histoi-re nationale, car celui qui ne sait pas d’où il vient ne peut aller nulle part, puisqu’il ne sait pas où il est.
Cependant, les fêtes nationales haïtiennes, commémorent des défaites de la l’armée napoléonienne face aux esclaves de Saint Domingue. On ne peut se permettre de venir en territoire français et le rappeler 3 fois par an. Et ce, sous aucun prétexte. On ne fait injure à personne, en disant que nos leaders communautaires, ici, ne sont pas des érudits. Ils se laissent facilement ma nipuler par certains autochtones mieux formés, mais mal intentionnés, qui les conduisent sur des chemins escarpés qu’ils ne soupçonnent pas.
Comment peut-on venir en France, célébré régulièrement l’in-dépendance de Saint-Domingue ? Saint-Domingue fut une créa tion française, la colonie la mieux réussie, celle qui conféra en son temps, le plus de richesses à sa métropole. Sa perte fut con sidérable pour les colons, ils étaient français. Haïti c’est le terri toire de Saint-Domingue, rebaptisé. On ne peut se permettre de le rappeler chaque année à
la France
, lorsqu’on y est toléré, en commémorant la fête du 1er janvier.
Comment peut-on vouloir, en France, commémorer la bataille de Vertières, 18 novembre ? La bataille de Vertières fut la der-nière bataille livrée par les troupes expéditionnaires napoléonie nnes, venues reconquérir le territoire en 1802. Elles l’ont per-du. D’ailleurs, dans une tentative de commémoration faite le 18 novembre 2007, à Fort-de-France, le conférencier, un historien martiniquais, ami, ami sincère de la communauté haïtienne, é-tait fort embarrassé, il s’est présenté sans doute pour ne pas froisser son ami haïtien qui le lui avait demandé, mais a parlé de tout autre chose que de batailles révolutionnaires,chahuté qu ’il fut par un lettré haïtien présent dans la salle qui ne cessait de crier « ça c’est pas Vertières » toutes les deux (2) minutes. Tan dis que l’historien continuait imperturbable, la présentation d’ un livre publié par l’un de ses amis, un historien haïtien.
Et pire, Comment peut-on célébrer en France, la naissance du drapeau haïtien ?
Les historiens sont d’accord pour dire que le drapeau créé le 18 mai 1803 n’est qu’une allégorie, exaltée au sein du peuple, elle est passée dans la légende. Mais historiquement, il n’y a pas eu de drapeau créé le 18 mai. Selon Baubrun Ardouin, dans les « Etudes sur l’histoire d’Haïti » il y eut un échange de courrier s entre Alexandre Pétion et J.J. Dessalines. Dans l’une de ses lettres, Pétion réclamait la création d’un drapeau indigène, car disait-il, l’armée coloniale pensait et disait que les esclaves sou haitaient rester dans l’empire. Ils ne se battaient pas pour l’in-dépendance, puisqu’ils conservaient l’emblème de la révolutio n française: bleu, blanc, rouge. Ils ne se battaient que pour ob -tenir un ou deux jours de liberté de plus. Par retour de courrier, Dessalines lui dit d’arracher le blanc du milieu du tricolore fran çais et de coller le bleu au rouge, pour en faire le drapeau indi-gène. On était en février 1803 et Dessalines appliqua lui-même sa prescription depuis
la Petite-Rivière
de l’Artibonite où il se trouvait
Si on en croit ce témoignage, la décision de créer un drapeau aurait été dictée par courrier. Le 18 mai, ne fut que la première rencontre entre Dessalines et Pétion, après l’échange de cour-riers Dans un rapport de l’amiral français, Latouche-Tréville, qui intercepta une barge d’esclaves révoltés de retour de l’Arca haie, à l’aube du 19 mai, il saisit dans cette embarcation un dra peau bicolore : bleu et rouge, portant l’inscription : « Liberté ou la mort ». Pour aller dans le même sens, dans un calendrier publié par l’état haïtien pour l’année 2003, commémorant les bicentenaires des actes héroïques de 1803, dès février 1803, l’ armée indigène(haïtienne)combattait déjà avec un bicolore,bleu et rouge. Certains groupes arboraient un drapeau noir et rouge Après le 18 mai, aussi bien le noir et rouge que le bleu et rouge ont continué à avoir cours, mais le bleu et rouge était celui uti -lisé par Dessalines et Pétion. La constitution de l’empire d’Haï ti,20 mai 1805, commanda le remplacement du bleu par le noir.
Nous pouvons donc affirmer que : Dessalines qui d’un geste é-nergique arracha le blanc du drapeau révolutionnaire français pour signifier que les blancs ne devraient plus faire partie de la société que les esclaves souhaitaient bâtir, ce n’est qu’un my-the.
Le drapeau actuel de
la République
d’Haïti, a été décidé par A lexandre Pétion, sans qu’on puisse donner une date exacte,vers le 21 mars 1807.Bien qu’il ait dessiné les armes de
la Républi
que adaptées aux bandes bleu et rouge placées horizontalement ,cet ajout ne commença à figurer sur le drapeau qu’à partir de la constitution de 1843 qui stipule dans son article 192:«Les couleurs nationales sont le bleu et le rouge placées horizontale ment »...« Les armes de
la République
sont le palmiste surmon- té d’un bonnet de la liberté et orné d’un trophée d’armes avec la légende : L’union fait la force ».L’actuel drapeau de
la Répu
blique d’Haïti, a donc 165 ans en omettant la parenthèse duva lièriste (1964-1986).
Fêter le 205ème anniversaire du drapeau haïtien, à
la Martinique
, est un abominable acte politique, posé par des ignares manipu- lés, agissant contre les propres membres de leur communauté, en provocant gratuitement ceux qui nous accueillent.
Pourquoi ces gens-là ont-ils choisi de fêter exactement, la date qui blesse
la France
? Par naïveté peut-être, obscurantisme sans doute. Mais il faut qu’ils cessent. Il faut aussi que les faux amis de la communauté haïtienne, les meneurs souterrains, arrêtent.
Le visiteur, quelque soit son point de vue sur un différend oppo sant les membres d’une même famille qu’il visite, n’a pas le dr oit de prendre parti… Même pour appuyer son meilleur ami dans cette famille. Ce n’est pas bienséant. Le respect des per-sonnes qui nous accueillent, suppose le respect de toutes les per sonnes. Pas une seule ne doit se sentir lésé par nos attitudes ou nos actes et c’est à nous d’y veiller, de contrer les malveillants qui nous poussent vers le gouffre, ceux qui ne peuvent agir que dans l’obscurité, profiter du désarroi et de l’ignorance des plus faibles, les moins lettrés.
Faut-il rappeler aux haïtiens qu’il nous appartient de raconter notre histoire à nos voisins de la caraïbe et non le contraire ?
Faut-il rappeler que notre trajectoire socio-politique est unique dans la zone et que pour cela nous avons des ennemis de tout poil, de tous bords et qu’il faut donc se méfier des faux amis ?
Faut-il rappeler que la souris ne se meut pas en chat pour échap per à son destin, mais qu’elle se débrouille avec ses qualités de souris et que cela lui arrive de gagner quand même ?
Nèg lespri ap vann nou lakay, nèg sòt bòt isit di fwa sa-a ma chandiz-la sé pou li, sé li’k pou vann ni. Yo pap pasé.
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