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Affaire Magali Comeau-Denis
27/07/2007 18:44
Trimestriel N°2 - H! 25 - Juillet 2007
Une comédienne haïtienne en provenance de Guadeloupe où elle est en séjour temporaire, a subi le contrôle tatillon et vexatoire d’un agent de la police fançaise de l’air et des frontières, en Martinique, pendant qu’elle venait pour une représentation théâtrale dans le cadre du festival de Fort-de-France. C’est ATV, qui nous l’a montré dans un journal du soir. Franchement, nous sommes habitués au ridicule des joutes"neg kont neg"et à la lâcheté des petits nègres fonctionnaires couvrant leur stupidité du bouclier de la loi. Cela ne nous touche plus.
Si nous mentionnons cette affaire, c’est pour rappeler aux haïtiens ce que nous leurs martelons depuis le premier numéro de ce feuillet, qu’il n’y a qu’une haïtiannité et qu’on ne puit en aucun cas s ’y soustraire. Qu’il faut arrêter de croire qu’il y a plusieurs catégories d’Haïtiens. Notamment le petit peuple à considérer comme des parias et les occidentalisés qui seraient absous de notre péché originel national. Magali Comeau Denis pourra après les affronts subis, aller raconter à ses congénères lettrés, ceux qui comme elles ont une parfaite maîtrise de l’expres sion française ou de quelque autre langue étrangère recommandée, en sus du look standard mondial, que ça ne suffit pas à nous éviter les outrages dus au mépris de nos origines. C’est un fardeau commun, nul haïtien ne peut y échapper; avec un passeport haïtien ou non Il est temps pour les retardataires de se rendre compte que sur le tombeau de l’échec de Toussaint, nous avons érigé un peuple.
Fanfan Mahotière
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Le satanisme des témoins de Jéhovah
25/07/2007 18:27
Trimestriel N°2 - H!#25 - juillet 2007
Les témoins de Jéhovah qui se disent apolitiques et antimilitaristes tout en profitant de la puissance militaire et politique des U.S.A. dont ils sont issus, ont initié une politique très regrettable vis à vis de la communauté haïtienne :La quasi totalité des haïtiens résidant à la Martinique est de confession chrétienne, le plus souvent protestante. La plupart s’étant convertie au protestantisme par besoin d’appartenance. Depuis quelques années déjà, des églises dites évangéliques conduites par des bergers haïtiens existent à la Martinique, avec la collaboration de nombreux martiniquais dans les instances décisionnelles. Cela n’empêche pas à nos ressortis sants ici, de préférer des assemblées dont le chef en titre n’est pas haïtien. Souvent, ils se font gentiment rejeter de ces assemblées (On se souvient de ce groupe de l’Avenue Maurice Bishop, fondé par ce que des martiniquais, membres d’une église érigée par une missionnaire haïtienne, refusaient de se faire baptiser dans la même eau que des haïtiens). Quand les témoins de Jéhovah ont débarqué ici, ils se sont tout de suite intéressés à nous. Sans doute par ce quils étaient établis en Haïti depuis bien longtemps. Ici, Passant par les femmes, les témoins de Jéhovah ont séduit un très petit nombre de nos ressortissants, pas toujours les plus instruits. Il est courant que des frères et sœurs autochtones leur assurent quelques cours pour améliorer leurs rudiments dans la langue de Molière. Est-ce pourquoi depuis des années, la rumeur d’une évangélisation en créole haïtien pour notre communauté avait doucement envahie la Martinique et que maintenant elle est de-venue réalité ? Des fascicules en créole haïtien sont distribuées, des réunions sont tenues dans notre langue maternelle. J’ai trop de respect pour les invisibles des témoins de Jéhovah (person ne ne connaît leurs chefs) pour croire qu’ils ne mesurent pas la portée d’une telle décision. Au moment où l’on demande à ceux qui veulent venir habiter en France un minimum de connaissan ces dans la langue française, voici que ce groupe religieux encourage le communautarisme linguis tique, en France. Ramener dans le cadre de ce département, ils alimentent le " nègre contre nè -gre" comme s’il n’était pas suffisamment nourri comme cela ! Il paraît qu’en Guadeloupe, il existe rait déjà des groupes de témoins de Jéhovah utilisant le créole haïtien comme langue de réunion.
C’est là une démarche pernicieuse, tendancieuse. Elle a pour but de ghettoïser les haïtiens par la langue, dans les pays qui nous accueillent. Et ce n’ est qu’un début:On voit déjà en Martinique, des enfants d’haïtiens ou de couple mixte dont un parent haïtien, qui ont grandi ici, qui lorsqu’ils parlent la langue de leur parent importé ne la maîtrisent pas vraiment, utilisés par les témoins de Jéhovah pour aller porter la bonne parole aux membres de notre communauté vivant dans la péri phérie.
Les témoins obligent ainsi à ces enfants d’haïtiens, de régresser vers la langue dont eux et leurs parents essaient de s’échapper. Voici comment ce groupe religieux ferme la porte de l’intégra tion à des jeunes qui à priori ne se reconnaissent pas dans l’haïtianité et qui clamen t au vent leur répudiation de cette appartenance. Réjouissons-nous que les témoins de Jéhovah soient apoliti -ques, car s’ils contrôlaient le pouvoir temporel dans les pays où il existe une communauté haïtien ne,nous risquerions de nous retrouver sans doute dans un proche avenir, parqués dans un camp de concentration au pire, au mieux avec la pintade du bois caïman en médaillon sur notre poitrine pour bien nous différencier. Moi qui croyais que la division était l’apanage de Satan, le diable. Bonjour l’harmonie entre les peuples, sur la terre régénérée !
La vraie question que nous nous posons sur cette démarche des témoins de Jéhovah, c’est sa lé galité en France. Certes, la loi autorise les réunions dans n’importe quelle langue sur le territoire français. Mais est-il permis à un groupe étranger (les témoins de Jéhovah ne sont pas originaires de France) même caché derrière des autochtones conquis, d’encourager une communauté tiers à ne pas s’intégrer pleinement dans la République, à cultiver sa différence? C’est bien le nouveau Président de la République française qui a dit pendant sa campagne:"la France, on l’aime ou on la quitte". Il aurait sans doute dû ajouter que c’était à l’exception de ceux que les témoins de Jéhovah auront enterrés jusqu’au cou.
Nous aurions pu espérer que ces gens là se rendent compte de leur méprise et corrigent le tir. Mais ce serait ignorer qu’ils sont infaillibles. Ils ont sans doute des arguments bibliques bien réfé-rencés pour justifier tout cela…En fonction de leurs uniques lecture et interprétation des textes sacrés, bien évidemment. H !
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KMT/LCL/FM+, vi-n pran nòt
25/07/2007 18:14
Trimestriel N°2 - H! # 25 - juillet 2007
Dans un " Dialogue avec la presse ", en préambule à une question qu’il souhaitait poser, Mr. Rolland Laouchez mentionna l’île à vaches avec un tel dédain que nous avons été estomaqués. Dans la droite ligne du mépris de certains martiniquais pour tout ce qui est d’extraction haïtienne, des quatre journalistes sur le plateau, certains martelant leur affection pour Haïti à longueur de discours, aucun ne sait qu’on dit " île à vaches " et non " île aux vaches " ! Pourtant, je suis sûr qu’ils savent faire la différence entre à ou aux employé dans une expression. Ensuite, Laouchez s’est embarqué dans une tentative de différenciation complètement iconoclaste entre les haï-tiens et les martiniquais : Ces derniers auraient consenti d’énormes efforts pour devenir des occidentaux : " to be or not to be "
Nous, l’ami, nous nous évertuons à ne pas devenir ce qu’on souhaite faire de nous, mais à être et demeurer ce que nous sommes, des haïtiens. Mais voyez-vous, c’est avec du vieux qu’on fait du neuf : toutes les villes, les communes, paroisses d’Haïti. Tous les lieux dits de cette ancienne colonie française, portent la dénomination qu’a bien voulu leur donner le colonisateur français du XVIIème et X VIIIème. Siècle. Nous, haïtiens, avons changé uniquement l’appellation générique globale : Saint-Domingue est devenue HAÏTI, c’est tout. Basse pointe, jacmel, Fort-de-France, Ri-vière Salée, île à vaches ou Port-au-Prince, tous ces lieux en Martinique et en Haïti, ont reçu leur appellation du génie français. Quand vous croyez dénigrer la dénomination d’un lieu, d’une localité en Haïti, en fait mon bon monsieur, vous méprisez l’esprit de votre maître, pas le nôtre.
Quant à l’occidentalisation qui vous est si chère, sachez, si nous revendiquons effectivement une filiation ethnique afro-amérindienne à l’exclusion de la souche caucasienne, nous ne saurions ignorer que notre territoire fut d’abord une création européenne. Si la filiation européenne n’est pas une dominante chez nous, elle est néanmoins bien réelle en nous. Hé, mon Dieu! votre complice, mon seul collègue militant de l’information à la Martinique, historien de son état se gargarisant de l’occident créole, ignore t-il que l’île à vaches fut le repère du plus fameux corsaire des Caraïbes : J.P. Morgan; ça c’est de l’histoire occidentale. En ce qui concerne ceux qui souhaitent aller enseigner en Haïti, rêvant de nous faire la leçon, je leur rappelle que c’est un nègre de naissance martiniquaise, Hercule Domingue, qui apporta à Saint-Domingue en 1802 l’acte du rétablissement de l’esclavage par Napoléon. Mais il a dû l’avaler.
L’une des raisons fondamentales qui nous poussent à publier ce feuillet, c’est d’offrir une planche de salut à nos jeunes haïtiens séjournant ici et au grand nombre d’honnêtes martini quais subissant les affres de la désinforma tion de ceux qui s’ appellent "élites" dans ce département, ceux qui suivent le sil lon tracé par Toussaint Louvertu re, qui peut se résumer(ce sil lon)par cette phrase célèbre tirée d’une lettre que l’auguste traître écrivit à Napoléon après la proclamation de l’autonom ie de Saint-Domingue en 1801: " Je réponds à la soumission et au dévouement de mes frères les noirs, vous verrez bientôt si j’engage en vain ma responsabilité et vos espéran ces"mais il ne vit que l’expédition napoléonienne de 1802 qui l’envoya mourir de froid et de faim dans un cachot du fort-de-joux, en France. Anathème à son nom et à tous ses suiveurs posthume s ou héritiers.
N.B. A toutes fins utiles, la négritude à un grand père reconnu par les pères, c’est un haïtien :JEAN PRICE MARS,auteur de "AINSI PARLA L’ONCLE" publié en 1928.
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Le flop Carimi
22/06/2007 20:14
Trimestriel N°1 - H! #24 - avril 2007
Le flop Carimi
La musique à base de synthétiseur est populaire en Haïti depuis bien longtemps. Dans les baptêmes, les premières communions, anniversaires et autres, il suffit de faire venir un type avec un Synthé et tout le monde danse. Par exemple, Sweet Micki est issu de ce circuit là. Mais, ce n’est un secret pour aucun néophyte de notre musique, qu’elle est basée sur les sons graves, sa force est son groove qui vous prend aux tripes et ne vous lâche plus. Les rythmes vodou, le Rara et le Maskawon sont des maîtres en ce domaine. Les JAZZ des années 1950, 1960 (Tropicana d’Haïti, Nemours, Sicot, La Ruche de Léogane, etc...) s’appuyaient sur l’orgue qui servait de colonne vertébrale, autour de laquelle s’articulait les autres instruments. Les mini jazz des années 1970, ont abandonné la colonne vertébrale pour faire de l’harmo-nie avec le ban dèyè comme socle, la ligne rythmique pour adoucir, les voix et l’instrument soliste servant de ratatouilles. Le " Jazz des jeunes " déjà était de cette tendance. Avec les années 1980, le synthé connut ses lettres de noblesse notamment par le groupe Top Vice qui lança la mode des orchestres " san ban dèyè ". Et en 2001 vint CARIMI.
Dans le paysage musical haïtien, carimi, ce n’est qu’un groupe de plus. Le succès est modéré. On préfè-re Djakout mizik, mizik mizik, ce genre d’orchestres jouant du compas éternel pour danser, beaucoup de groove. Tandis que Sweet Micki et Ti-Vice, moins grooveux, ont aussi un grand succès en faisant du siwel, la jeunesse s’y accroche, c’est festif.
Carimi a du succès surtout aux Antilles françaises et la communauté des expatriés antillais de France. C’est avec Carimi que la musique haïtienne fait son retour en Martinique, avec un son plus volatile, plus aigu qui confirme à la population d’ici ce que les promoteurs se tuent à faire croire depuis quelques années, que Tabou Combo c’est ringard; Skah-Shah N°1 et Volo Volo sont des antiquités. Mais Carimi démontre surtout, qu’il est possible de faire de la bonne musique de danse, sans instruments à peau, aisément remplaçables par un bruiteur. C’est un tollé général au sein des professionnels du secteur, des puristes, la génération des mélomanes de 40ans et plus qui réclame à corps et à cris : Le BAN DèYè. Malgré l’appui massif des adolescents qui soutiennent le groupe sans réserve, CARIMI a cédé. En 2006, il a introduit une ligne de peaux. Il est entré dans les rangs, s’est normalisé, banalisé. La révolution s’est embourgeoisée.
Nous avons soutenu CARIMI en 2001, lors de sa percée. Nous estimions à l’époque que sa musique agréable, légère, adolescente bien que les musiciens n’étaient déjà plus des adolescents, était accom-pagnée de paroles sensées. Même lorsque la chanson traitait d’amour, c’était de l’amour vivant, du rela-tionnel quotidien et non des pleurnicheries, du " gwo pwalizan ". Nous le soutenions surtout, bien que nous ne soyons plus de la génération à laquelle le groupe s’adresse, pour des raisons économiques et culturelles. Si la musique haïtienne plait tant, c’est parce qu’elle est l’un des très rares produits locaux nègres, fait par des locaux pour des locaux. Economiquement, le succès de notre musique fait vivre nos familles, les sédentaires endurcis en Haïti, ceux qui malgré tout font que ce pays soit encore majoritai-rement habité par des haïtiens. C’est certainement la gangrène principale de nos sociétés, que les producteurs locaux produisent pour l’étranger et les étrangers s’occupent de notre population. Nous sommes un petit marché avec un faible pouvoir d’achat. Nous n’avons pas les moyens d’entretenir de grands orchestres. Les possibilités d’emploi sont très faibles chez nous, le nombre d’emplois décents auquel nous pouvons accéder à l’étranger est restreint. Nous devons nous y adapter. Un groupe de cinq (5) musiciens, c’est déjà beaucoup pour les promoteurs de Martinique, Guadeloupe, Guyane, les ghettos antillais de France et haïtiens des Etats-Unis, Canada; voire des poches occidentalisées d’Afrique. Cer-tes, quelques musiciens professionnels haïtiens vivent sans gène financière, mais j’interdis quiconque de me citer un seul musicien parmi nos compatriotes faisant de la musique pour notre marché naturel qui soit devenu riche grâce à la musique. De la même manière, Je mets au défi Carimi, de me montrer le mieux tangible que lui a apporté les instruments à peau. Les gars, il fallait insister, tenir bon, prouver avec le temps que vous aviez raison. Aujourd’hui, évidemment, les cachets de chaque musicien en particulier se voit considérablement maigrir, en retour vous ne recevez rien. Chaque être vivant grandit selon son principe propre. Le cabri n’atteindra jamais la taille du cheval. S’il s’y essaye, il perd son temps en gaspillant son énergie.
Fanfan, sur une idée de Karl Dégouden
H.T. H ! Sa ka fèt
tout hayisien ladan-n, menm sa kap éséyé kaché anba cabann yo
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Musique haïtienne produite en diapora
07/05/2007 16:03
Tempo H
Il est sans doute temps qu'un groupe jouant de la musique haïtienne et domicilié à la Martinique connaisse un succès retentissant. Nous nous contenterions même d'un orchestre venu de Guadeloupe ou de Guyane. Mais c'est là une affaire mal engagée. Ce qui ne veut pas dire impossible, puisque le groupe 509, venant du Canada, a mis fort longtemps pour effacer l'opprobe de cette fraction communautaire là sur le plan du compas. Par contre, il nous semble que les initiatives, nombreuses, prises en ce domaine à la Martinique, pleines de bonne volonté, vont dans le mauvais sens.Les groupes composés de martiniquais paraissent convaincus que pour jouer du compas, il faut obligatoirement prendre des intonations haïtiennes, chanter avec des mots de créole haïtien mal maîtrisés, voire interpréter uniquement des standards haïtiens. Non messieurs, accaparez-vous de cette musique! Chantez la Martinique avec des mots du créole martiniquais, mettez tout cela en compas, vous m'en donnerez des nouvelles. Quant aux haïtiens d'ici, ils paraissent définitivement incapables de monter un groupe autonome. En ce sens, l'initiative de TEMPO H est louable. Un martiniquais ayant joué dans un orchestre haïtien à succès, revient chez lui et encadre des jeunes haïtiens et martiniquais, amoureux du compas et essaie d'avancer avec ça. Sauf que les gars, jusqu'à preuve du contraire, tout orchestre de musique haïtienne ayant du succès, chante Haïti et sa réalité.
Si le seigneur ne construit pas la maison, ils la construisent en vain, ceux qui la construisent.
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